Le Tchad dispose désormais d’une nouvelle société publique de l’électricité, baptisée Tchadienne d’électricité (TchadElec), selon un décret signé le 7 juillet 2025 et rendu public deux jours plus tard par le Secrétariat général du gouvernement (SGG). Entièrement détenue par l’État, cette entité sera administrée par un conseil d’administration et chargée, à terme, du service public de l’électricité. Cette réforme entérine la mise à l’écart de la SNE, jusque-là opérateur principal de l’électricité au Tchad. « La Société nationale d’électricité (SNE) est déchue du bénéfice de la qualité d’exploitant principal délégataire du service public de l’énergie électrique. Il lui est, par conséquent, retiré le transfert des biens nécessaires à l’exécution de sa mission », précise le décret.
Cette réorganisation du secteur de l’électricité est la résultante d'un projet de loi déposé 20 janvier 2025 au Parlement et portant sur un projet de loi visant à ratifier l’ordonnance relative à la dissolution de la Société tchadienne d’eau et d’électricité (STEE).Objectifs: surmonter les difficultés persistantes liées à la gestion, au financement et à la performance des services publics concernés. Après examen, l’Assemblée nationale et le Sénat ont respectivement approuvé le texte. Il convient de souligner que la STEE créée en 1983, a été scindée en 2010 en deux entités à savoir la SNE et la STE pour l’eau mais le manque de texte d'application entretenait jusqu’en juin dernier un vide juridique.
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Si la création de cette nouvelle entité est perçue par certains comme un simple changement de dénomination, elle nourrie plutôt d'espoir à la population tchadienne dont le quotidien est meublé par des coupures intempestives d’électricité. Malgré les objectifs du Plan d’urgence d’accès à l’électricité 2021-2023 (qui visait un taux de couverture de 30 %, contre 6,4 % en 2021) les résultats restent décevants. Les délestages se poursuivent, et l’accès à l’électricité reste un luxe pour la majorité des ménages.
En avril 2024, dans une interview accordée à TchadInfos, le Directeur général de l’ex-SNE, le Général Saleh Ben Haliki, dressait un constat alarmant : « La SNE n’est plus solvable, elle est en faillite. Les pratiques élémentaires de gestion ne sont pas respectées. » À la centrale de Farcha, dans le Chari-Baguirmi, seuls 2 des 10 groupes de production fonctionnaient, faute de pièces de rechange, pour une capacité journalière de 15 mégawatts seulement.
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À la suite de la dissolution de la STEE, le gouvernement a engagé un recensement du patrimoine de la SNE et de la STE. Un comité interministériel a été chargé de répertorier les infrastructures, les installations techniques, les biens immobiliers et les titres fonciers de ces deux sociétés. « Le Comité interministériel a pour mission de recenser le patrimoine immobilier, les infrastructures et les installations techniques, terrains non bâtis et autres de la STEE, de la SNE sur l’ensemble du territoire ; répertorier la cartographie des titres fonciers des domaines concernés, faire des recommandations pour la redistribution ou la rétrocession du du patrimoine aux deux sociétés d’État en charge de l’eau et de l'électricité ».









