Au deuxième trimestre 2024, l'encours des prêts accordés par les établissements de crédit en activité au Tchad s'est établi à 159,1 milliards de Fcfa, contre 241,3 milliards un an plus tôt. Cet indicateur connait une baisse de 34,03% en glissement annuel, malgré une augmentation du nombre de nouveaux crédits accordés (9 266 contre 8 630) sur la période. Selon les données du marché bancaire de la Cemac, cette contraction résulte principalement du durcissement de la politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), limitant l’offre de liquidités à travers une hausse des taux directeurs et en resserrant les critères de refinancement dans l’optique de maîtriser l’inflation et de garantir la stabilité des économies des pays membres de la Cemac.
Ecobank Tchad en tête des banques les plus prêteuses
Ainsi, durant les six premiers mois de l’année sous revue, Ecobank Tchad s'est imposée comme le principal contributeur au financement de l'économie tchadienne. Selon les données du marché bancaire de la Cemac, l’établissement a octroyé 44,4 milliards de Fcfa de nouveaux prêts, représentant 27,96% de l’offre globale des banques sur la période. Commercial Bank Tchad suit de près avec 42,4 milliards de Fcfa, soit 26,66% des crédits alloués. D’après le rapport sur l’évolution des taux débiteurs pratiqués par les établissements de crédit dans la Cemac, Coris Bank Tchad et UBA Tchad complètent le classement avec 24,2 milliards de Fcfa (15,25%) et 15,9 milliards de Fcfa (10,03%) respectivement. Le reste des financements est répartit entre d’autres établissements bancaires, notamment BCC, Orabank Tchad, BSIC, BAC et Attijari Bank Tchad.
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Les données sur la répartition des crédits accordés révèlent que les entreprises privées continuent de représenter la majeure partie des bénéficiaires de crédits, captant 74,11% des financements au deuxième trimestre 2024, soit 117,9 milliards de Fcfa. Cependant, cette part a diminué de manière significative par rapport à l'année précédente, où elle atteignait 191,9 milliards de Fcfa, marquant une baisse de 38,56%. De leur côté, les crédits accordés aux particuliers ont également chuté de 32,81%, atteignant 19,1 milliards de Fcfa contre 28,4 milliards en 2023. Les administrations publiques ont connu une évolution contrastée, avec une hausse de 6,57 % en glissement annuel, bien que comparées au premier trimestre 2024, ces allocations aient été divisées par deux, passant de 45,3 milliards à 22,1 milliards de Fcfa. Les autres personnes morales, telles que les associations et les ONG, ont vu leur accès au crédit se réduire de manière drastique, tombant à 0,05 milliard de Fcfa contre 0,2 milliard l’année précédente.
Prédominance des crédits à court terme
L’un des traits marquants du système bancaire tchadien reste la prédominance des crédits à court terme, qui représentent 82,07% de l’ensemble des financements accordés. Ces prêts, généralement destinés à couvrir les besoins de consommation immédiate ou de trésorerie des entreprises, sont considérés comme moins risqués par les banques, mais ils reflètent également l’insuffisance de financements à plus long terme nécessaires pour soutenir des projets de développement durable. Les crédits à long terme ne représentent en effet que 10,65 % de l’enveloppe totale, et ceux à moyen terme 7,27%. Cette structure de financement est indicative des défis persistants rencontrés par l’économie tchadienne pour maintenir un accès au crédit à des conditions favorables pour le financement à long terme des investissements productifs.
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