Le Sénat tchadien a validé le 8 juillet 2025 le projet d'accord de prêt conclu entre le gouvernement et la Banque arabe pour le développement économique en l'Afrique (BADEA), après l'Assemblée nationale le 20 juin. Le texte a été défendu par Fatima Haram, ministre déléguée auprès du ministre des Finances. Cette ratification ouvre la voie au pays de Mahamat Idriss Deby Itno pour contracter un prêt de 6,3 millions de dollars (environ 3,5 milliards FCFA) auprès de la BADEA dans le cadre de la deuxième phase du Projet d'approvisionnement en eau potable de la ville d'Abéché (Bithea 2).
Selon le ministère tchadien des Finances, « le financement accordé par la BADEA permettra de renforcer les efforts du gouvernement dans la mise en œuvre du projet Bithea 2, inscrit dans les priorités nationales de développement». Ce financement est destiné à étendre le réseau de distribution d'eau potable aux nouveaux quartiers d'Abéché, la troisième ville la plus peuplée du Tchad après N'djamena (la capitale politique) et Moundou la capitale économique ainsi que les zones périphériques environnantes. Le gouvernement apportera une contrepartie de 700 000 dollars, soit 392,3 millions FCFA.
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Le projet vise quatre objectifs majeurs. Il s’agit concrètement de contribuer à doubler le taux d’accès à l’eau potable passant de 63,5% en 2024 à 100 % d’ici 2030, aux cotés des projets tels que celui la réhabilitation et l’extension du réseau de Ndjamena financé à hauteur de 40 milliards FCFA financés conjointement par l’Etat tchadien, l’Union européenne, l’AFD et Invest International. Le Bithea 2 entend aussi « sécuriser les besoins en eau des populations jusqu’en l’horizon 2035 ».
Une partie des fonds sera également allouée à l'appui à la STE, issue de l'éclatement de la Société tchadienne d'eau et d'électricité (STEE) en janvier 2025. La scission de la STEE avait été entérinée en 2010 pour s'adapter à la rationalisation exigée dans le cadre du Programme d'ajustement structurel (PAS) soutenu par le FMI en 1999.
Pour rappel, en zone CEMAC, les gouvernements camerounais et tchadiens revendiquent respectivement un taux d'accès à l'eau potable de 55 % et 63,5 % en 2024. Le Congo se situe à 74 %, le Gabon avoisine les 60 %, tandis que la Guinée Équatoriale a enregistré un taux d'accès à l'électricité de 47,9 %. Selon l'ONG Action contre la faim France (ACF), 64 % des Centrafricains n'ont pas accès à l'eau potable.
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