Le Tchad franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa politique de protection sociale. Appuyé par un programme de la Facilité élargie de crédit (FEC) et un financement de l’Association internationale de développement (IDA) de 120 millions de dollars (environ 67,3 milliards FCFA) pour la période 2025-2029, le gouvernement projette d’élargir considérablement la couverture de son Programme national de filets sociaux productifs (PSSNP).
Ce projet poursuit deux objectifs majeurs : moderniser le registre social unifié (RSU), qui servira de base au ciblage des bénéficiaires, et accroître les transferts monétaires productifs en faveur des ménages les plus pauvres. Selon les projections, 65 millions de dollars seront affectés aux transferts monétaires et 26 millions au renforcement du registre social. Le gouvernement tchadien, de son côté, s’engage à contribuer 50 millions de dollars supplémentaires (28 milliards FCFA) entre 2026 et 2030, soit environ 0,2 % du PIB d’ici 2030. L’objectif est de porter sa part de financement à 40-50 % à moyen terme.
Une couverture élargie
Actuellement, le registre social couvre environ 600 000 personnes dans 15 provinces, sur la base de données parfois obsolètes. Le nouveau programme entend doubler la cible initiale en inscrivant jusqu’à 2,4 millions de personnes d’ici 2030, soit près de 30 % de la population pauvre. À plus court terme, 1,2 million de personnes (environ 200 000 ménages) devraient bénéficier de transferts monétaires productifs dans neuf provinces jugées prioritaires.
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Selon le FMI, cette extension capitalise sur les acquis du Projet pour les réfugiés et les communautés d’accueil (PARCA), qui s’achève en 2025, et s’inspire de modèles éprouvés au Sénégal et au Burkina Faso. Une évaluation pilote de la Banque mondiale au Tchad a montré que des transferts trimestriels de 104 dollars par ménage, surtout lorsqu’ils sont confiés aux femmes, améliorent significativement la consommation alimentaire, l’investissement agricole, les petites activités commerciales et la santé familiale.
Cartes d’identité numériques et gouvernance
Pour sécuriser le dispositif et éviter les doublons, l’Agence nationale pour la sécurité des titres (ANATS) accompagnera la délivrance de cartes d’identité numériques, notamment aux femmes bénéficiaires. Ces documents viendront compléter les cartes fonctionnelles déjà distribuées aux ménages et renforcer la traçabilité des paiements.
Cependant, la coordination institutionnelle reste un défi. Sur les 19 structures impliquées dans la gestion du registre social, seules huit ont signé les accords nécessaires sous l’égide de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSEED). La réussite du programme dépendra donc non seulement du financement, mais aussi de l’adhésion effective des administrations et d’une gouvernance transparente.
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