Le gouvernement tchadien a lancé mardi le 15ᵉ audit de la qualité de service des réseaux mobiles, a annoncé l’Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (ARCEP). L’opération vise à vérifier le respect des cahiers de charges des opérateurs, à mesurer l’application des recommandations antérieures et à évaluer l’évolution réelle du service offert aux abonnés. Selon l’ARCEP, depuis plusieurs mois, des consommateurs Tchadiens se plaignent de la mauvaise qualité des services mobiles évoquant notamment des perturbations incessantes du réseau. Le régulateur précise que « malgré les rappels, les mises en demeure et les promesses d’investissements, les opérateurs restent sourds au cri de détresse des abonnés ».
Pourtant, Airtel et Moov Africa (les deux principaux opérateurs du pays) avaient signé, le 29 juillet 2021, un protocole d’accord avec l’ARCEP qui leur accordait trois ans pour renforcer leurs investissements dans les réseaux. Mais dès 2023, le rapport du 14ᵉ audit national sur la qualité de service constatait que les deux opérateurs n’avaient pas atteint les indicateurs prévus dans leur cahier des charges. Les efforts engagés ont certes permis d’améliorer légèrement la couverture 2G et 3G dans les grandes villes, mais la couverture 4G reste très insuffisante, notamment sur les axes routiers.
Le ministre des Télécommunications, Michel Bouka, avait lui aussi pointé ces insuffisances lors d’une rencontre avec les opérateurs le 27 août dernier. Il leur a reproché de ne pas s’engager à utiliser la fibre optique déployée par l’État, dont 1 275 km sont déjà opérationnels. De leur côté, les opérateurs expliquent leurs difficultés par la pénurie persistante de carburant, qui freine l’alimentation énergétique de leurs sites.
La couverture mobile demeure l’un des principaux défis du secteur des télécommunications au Tchad. Selon le rapport annuel 2024 de la GSMA, le pays affiche un taux de pénétration de la téléphonie mobile de seulement 38,6 %, tandis que l’accès à Internet reste inférieur à 15 %. Ces faibles niveaux s’expliquent par un déficit de compétences numériques et par le coût élevé des services pour les consommateurs.
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Dans ce contexte, l’ARCEP souligne que le lancement du 15ᵉ audit de la qualité de service « marque une étape concrète dans la volonté de redonner confiance aux consommateurs et d’assurer un réseau plus fiable et accessible pour tous ». L’autorité ajoute que les travaux, qui se poursuivront jusqu’en octobre 2025, donneront lieu à une publication officielle des résultats.
Laurent Onguéné (Stagiaire)

