La société Orange a franchi une étape majeure dans la transformation numérique de la République centrafricaine, en lançant officiellement sa 4G dans le pays. L’opérateur français devient ainsi la première société de téléphonie mobile à déployer cette technologie en Centrafrique, 7 mois après l’obtention de sa licence et près d’un an et demi après l’inauguration de la fibre optique dans le pays. En novembre 2024, elle a reversé 15 milliards Fcfa au trésor public centrafricain pour décrocher sa licence 4G auprès ministère de l'Économie numérique, des Postes et des Télécommunications. Dans un communiqué publié jeudi, Orange Centrafrique indique que cette évolution technologique ouvre la voie à une connectivité plus rapide, plus stable et plus adaptée aux usages modernes, pour les particuliers, pour les entreprises et pour les services publics.
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« Ce lancement est le fruit de plusieurs années d'investissements, d'efforts techniques, humains et réglementaires. C'est un événement majeur pour le développement du numérique dans notre cher et beau pays », a déclaré son directeur général, le Franco-Béninois Max Francisco. Il poursuit en indiquant que ce basculement est Une réponse à la demande croissante de connectivité. En effet, la saturation du réseau 3G observée dès 2021, a rendu nécessaire une refonte complète de l'infrastructure mobile des réseaux. « Orange RCA a modernisé ses équipements, revu son ingénierie radio, adapté ses systèmes de facturation et renforcé son alimentation énergétique pour supporter la 4G, une technologie 10 fois plus rapide que la 3G ».
En parallèle, poursuit-il, une étroite collaboration avec les autorités a permis de garantir la conformité réglementaire et d'assurer une couverture initiale des zones prioritaires, notamment la capitale Bangui et ses périphéries, Bouar, Berbérati, Bossangoa, et bientôt Bambari qui sont déjà déployées. « L'extension vers les autres grandes préfectures est prévue dans les mois à venir », promet-il. En termes d’avantages concrets, l’opérateur annonce, pour les particuliers, que la 4G en RCA va offrir une expérience utilisateur de nouvelle génération, incluant du streaming en HD, des appels vidéo de haute qualité, un gaming fluide, ainsi qu'une navigation et des téléchargements rapides. Pour les entreprises, les institutions et les services publics, cette connectivité renforcée a vocation à favoriser le télétravail et la collaboration à distance, le développement de l'e-commerce, l'accès à la formation et à la santé en ligne.
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En dehors d’Orange, l’un de ses concurrents, Moov Africa, en l’occurrence, a également obtenu il y plusieurs mois sa licence 4G. Son opérationnalisation reste attendue. Cette technologie amorce son déploiement dans un contexte où, en Centrafrique, malgré l’arrivée effective de la fibre optique il y a environ 16 mois, le secteur des télécommunications reste marqué par des problèmes structurels : une mauvaise qualité du service, une régulation défaillante…combinées aux coûts élevés des produits et services. Ce dernier facteur est régulièrement à l’origine de manifestations chez les utilisateurs, qui soupçonnent une entente tacite entre les trois opérateurs de téléphonie mobile pour maintenir les services de télécommunications hors de prix pour les Centrafricains moyens. Le gouvernement a engagé ces derniers mois un certain nombre d’actions visant à améliorer la situation. Le 04 octobre 2024, l'Autorité de régulation des communications électroniques et de la Poste (Arcep) a lancé un avis à manifestation d'intérêt pour la réalisation d'un audit des coûts des produits et services sur les réseaux des opérateurs.
Le mandat du consultant qui n’est toujours pas contractualisé 6 mois après est d’« auditer les coûts sur les réseaux des opérateurs de téléphonie fixe et mobile ainsi que celui de l'opérateur d'infrastructure à fibre optique [MTN Bahobab, Ndlr] et proposer un modèle de régulation des marchés de gros (interconnexion et accès) tout en tenant compte du pouvoir d'achat des consommateurs, des intérêts des opérateurs et de sécuriser les contributions du secteur au budget de l'Etat ».

