Attendus depuis plusieurs années, les travaux de réhabilitation des tronçons de voie ferrée Yaoundé-Douala (307 kilomètres) et Belabo-Ngaoundéré (330) vont être lancés de manière imminente. L’information émane de la session extraordinaire du Comité interministériel des transports ferroviaires, tenue le 19 juin à Yaoundé. Cette instance annonce également le démarrage, bientôt, des travaux de construction du chemin de fer Edea-Campo via Kribi, long de 185 kilomètres. Selon le directeur des transports ferroviaires au ministère des Transports, Claude Missé Ntonè, les financements incombant à l’Etat du Cameroun, mobilisés dans le cadre du Programme quinquennal numéro 2 mis qui vise à terme le renouvellement total du Transcamerounais et l’amélioration de ses performances, sont disponibles. A hauteur de 300 milliards FCFA, ces fonds ont été mobilisés auprès de la Banque mondiale, de la Banque européenne d’investissement, de l’Agence française d’investissement (AFD) et de l’Union européenne. Des financements additionnels d’un montant de 100 milliards FCFA ont également été levés auprès d’autres partenaires pour l’acquisition de nouvelles voitures voyageurs et locomotives.
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A cela il faut ajouter la part réservée au concessionnaire qui doit accompagner cette transformation avec un investissement estimé autour de 60 milliards Fcfa dans l’offre de transport. La Cameroon Railway (Camrail), le concessionnaire du réseau ferroviaire, annonce dans la foulée qu’il va poursuivre le renforcement de son parc de transport et du fret de marchandises. Dans le segment transport, 35 nouvelles voitures vont ainsi être acquises pour porter à 60 la flotte de l’entreprise limitée actuellement à 25 voitures. Selon le directeur général de cette entreprise, l’Ivoirien Joel Hounsinou, 4 nouvelles locomotives vont arriver en septembre et un second lot de 8 locomotives va être commandé pour être livré en juillet 2027. Il convient de relever que depuis 1974, le réseau ferroviaire du Cameroun a gardé son linéaire initial de 1270 kilomètres dont 270 sont aujourd'hui dégradés et inexploités. Bien plus, aucune ligne supplémentaire n'a été construite depuis 51 ans.
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Accident ferroviaire
En vue d'apporter une réponse appropriée à ces insuffisances, et tenant compte des recommandations issues de l'audit réalisé suite à l'accident ferroviaire d'Eseka qui avait fait 79 morts le 21 octobre 2016, le Cameroun s’est doté d’une qui loi amorce une dynamique de modernisation du secteur, à travers la reconfiguration du paysage institutionnel, la redéfinition du rôle de chaque acteur et la mise sur pied d'un système de contrôle, de régulation et de sanction. A travers ce texte, l'Etat conserve sa prérogative exclusive en matière de définition de la politique ferroviaire et de développement des transports par voie ferrée. Sur le plan institutionnel, cette loi prévoit en outre, la création d'une société de patrimoine ferroviaire, chargée de la gestion des biens et droits affectés par l'Etat à l'activité ferroviaire. La société de patrimoine sera responsable des infrastructures et de la régulation de l'accès des exploitants au domaine ferroviaire. Une fois mise en place, cette structure disposera d'une concession exclusive de l'Etat aux fins de gestion du réseau ferroviaire national.
Cette loi prévoit, enfin, la mise sur pied d'une Autorité de régulation et de sécurité ferroviaires, dont le rôle sera d'assurer le contrôle de l'application de la règlementation, la surveillance des acteurs publics et privés et le règlement des différends en phase précontentieuse. Prenant en considération les exigences de la décentralisation, il est prévu de faire intervenir activement les collectivités territoriales décentralisées, à travers la création et le développement des réseaux de transport urbain par rails, conformément aux règles applicables en matière de services publics locaux.

