Dans une interview diffusée à la télévision nationale camerounaise le 18 août 2025, Luc Messi Atangana, le Maire de la ville de Yaoundé, a mis en lumière les besoins urgents et persistants de la capitale dont il a charge depuis cinq ans. Il a notamment cité la nécessité d'améliorer l'état des routes, de renforcer l'hygiène et la salubrité, et d'améliorer la mobilité urbaine. Pour relever ces défis, l'édile plaide pour un triplement du budget annuel de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY), confirmant sa thèse d'un déficit de financement chronique, évoquée dans une sortie publique en mars dernier au moment où l’insalubrité avait atteint son apogée.
L'ancien cadre du Premier ministère justifie cette requête en comparant le budget actuel de la ville avec celui d'autres capitales africaines. « Le budget c’est à peu près 36 milliards FCFA ; par rapport aux besoins à satisfaire, ce n’est pas grand-chose. Or, il y a des villes africaines où, rien que la gestion des ordures prend à peu près 70milliards FCFA. Donc, vous voyez qu' il y a des efforts à faire. En plus, certainement du fait de la méconnaissance de la situation, on peut penser que la Mairie de la ville a de gros moyens, alors qu’il me faut ce budget multiplié en moyenne par (au moins) trois», a-t-il réclamé.
Il faut tripler le budget
En triplant le budget, celui-ci atteindrait 108 milliards de FCFA par an. Mais la faisabilité d’un tel plaidoyer reste incertaine. L’amélioration de la voirie et la lutte contre l’insalubrité dépendent largement du Trésor public, qui finance 85 % de la gestion des déchets, contre 15 % pour la CUY. Or, selon le Maire, cette enveloppe ne couvre que la moitié des besoins réels, comme l’a confirmé une étude de la Banque mondiale.
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S’ajoute à cela un problème récurrent de disponibilité des fonds. « Ces ressources doivent être facilement mobilisables », insiste Messi Atangana, rejoignant ainsi le diagnostic du directeur général du Feicom, Philippe Camille Akoa. Celui-ci rappelait, lors d’une table ronde le 7 mai 2025, que les décaissements tardifs liés au Compte unique du Trésor pénalisent les collectivités. L’État débloque pourtant chaque année entre 15 et 26 milliards de FCFA via la subvention directe et le droit d’accises sur les ordures.
Pour inverser cette tendance, un projet a été proposé : la création d'un compte de dotation spéciale dédié aux droits d’accises. Une fois collectés, les fonds seraient directement affectés sans transiter par le Compte unique du Trésor. Près de quatre mois après les états généraux sur les ordures qui ont débattu de cette mesure du 6 au 7 mai 2025 à Yaoundé, son implémentation reste attendue. Par ailleurs, un autre plaidoyer a été mis sur la table : la révision du système de passation des marchés publics. L'objectif est de définir un nouveau dispositif qui faciliterait les procédures pour les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), leur permettant ainsi d’agir plus rapidement en cas d’urgence.
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