Cette fois, Henri-Claude Oyima n'a pas eu besoin de jouer les prolongations. Le 15 octobre 2026, BGFI Holding Corporation, maison mère du groupe BGFIBank, a bouclé la deuxième phase de son augmentation de capital avec une demande supérieure au nombre d'actions proposées. Un retournement pour le banquier gabonais, dont la première opération avait peiné à convaincre les investisseurs. Selon le rapport de clôture consulté par EcoMatin, 1 260 444 actions ont été demandées entre le 15 septembre et le 15 octobre, pour un montant de 100,84 milliards de FCFA. BGFI Holding n'en proposait que 1 006 975, au prix unitaire de 80 000 FCFA, soit 80,56 milliards.
"Un regain d’intérêt pour l’opération"
Sollicité par EcoMatin, le groupe n’a pas souhaité préciser comment il entend traiter les souscriptions excédentaires. Pour satisfaire l’ensemble des demandes, BGFI Holding devra obtenir l’autorisation préalable de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF). À défaut, il lui faudra répartir les actions disponibles entre les souscripteurs. Reste à savoir selon quels critères et quels investisseurs verront leurs demandes réduites.
LIRE AUSSI : Augmentation de capital : BGFI Holding boucle au Cameroun son roadshow pour lever 80 milliards FCFA
En ajoutant les 45,32 milliards FCFA de la première phase, BGFI Holding totalise 146,16 milliards de souscriptions sur les deux opérations.Le contraste avec la première phase est net. Lancée en novembre 2025, celle-ci devait permettre de lever 125,88 milliards de FCFA. Malgré une prolongation, elle n'avait mobilisé que 45,32 milliards, soit 36 % de l’objectif. L'opération avait néanmoins attiré 7 601 souscriptions provenant de 24 pays, avant l'entrée en Bourse de BGFI Holding, le 7 mai 2026.
Pour la deuxième phase, le groupe a revu sa copie. Le plafond de participation individuelle, fixé à 0,5 % du capital, a été supprimé. Henri-Claude Oyima et ses équipes ont également multiplié les rencontres avec les investisseurs à Libreville, Yaoundé, Douala et Brazzaville. Le prix de souscription, lui, est resté fixé à 80 000 FCFA l’action. "Ces changements ont accompagné le regain d'intérêt pour l’opération", explique un intermédiaire ayant participé en tant qu’agent placeur.
55 entreprises à l'origine des trois quarts de la demande
Sur les 100,84 milliards FCFA de souscriptions, 75,99 milliards (75,36%) proviennent de seulement 55 entreprises non financières, selon le rapport de clôture. Les particuliers sont beaucoup plus nombreux, mais leurs engagements restent modestes en comparaison. Au nombre de 1 535, ils ont souscrit pour 17,38 milliards FCFA, soit 17,23 % du total. Les gestionnaires de fonds et organismes de placement arrivent loin derrière, avec 3,62 milliards, suivis des organismes de sécurité sociale (2,05 milliards) et des compagnies d'assurance (1,8 milliard). Aucune banque ne figure dans cette répartition. Le rapport ne dévoile cependant ni l'identité des principaux souscripteurs ni les montants engagés individuellement.

Le Gabon loin devant le Cameroun
La géographie des souscriptions révèle une autre concentration. Le Gabon, qui accueille le siège du groupe financier, représente à lui seul 76,96 milliards de FCFA, soit 76,32 % des montants demandés. Le Cameroun arrive deuxième avec 17,57 milliards de FCFA, soit 17,42 %. Ensemble, les deux pays concentrent près de 94 % de la demande.
LIRE AUSSI : IPO : BGFI Holding mobilise 126,5 milliards FCFA après une deuxième phase sursouscrite
Les autres marchés restent loin derrière. Le Congo totalise 2,57 milliards de FCFA, devant la République démocratique du Congo (1,09 milliard). Les souscriptions enregistrées en Guinée équatoriale, en Centrafrique et au Tchad ne dépassent pas 250 millions de FCFA par pays. Les investisseurs situés hors de cette zone ont demandé pour 2,23 milliards. Dans le réseau de placement, une société écrase toutes les autres : BGFIBourse. L'intermédiaire lié au groupe BGFIBank a recueilli 98,12 milliards FCFA, soit 97,31 % des demandes enregistrées. Les autres sociétés de Bourse se partagent les 2,72 milliards restants. Parmi elles figurent L'Archer Capital, Elite Capital, SG Capital, USCA et EDC Investment Corporation. La collecte s'est ainsi faite presque entièrement par le réseau du groupe.

Après les souscriptions, le défi de la Bourse
Pour BGFI Holding, les fonds recherchés doivent accompagner le plan stratégique BGFI 2030, qui prévoit notamment le développement des activités du groupe et la création de trois nouvelles filiales.
Mais le succès de cette deuxième phase ne règle pas une autre difficulté : la faible liquidité du titre en Bourse. Depuis son admission à la BVMAC, l'action BGFI Holding évolue sur un marché où les échanges restent rares. Le 29 octobre, par exemple, 13 actions étaient proposées à la vente, sans aucun ordre d'achat en face. Pour faciliter les transactions, BGFI Holding a signé avec BGFIBourse un contrat de liquidité prévoyant l'animation du titre à la cote.









