Le 23 janvier dernier, Dr Noe Woin, directeur général de l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) a dressé le bilan productif des champs semenciers de Wassandé, à 88 km de Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua. Ainsi, selon les données révélées dans le discours du responsable à l’occasion du lancement de la période des récoltes, le site de Wassandé a produit 1 030 tonnes de semences de blé en 3 ans d’activité.
Ce volume de production correspond à une moyenne de 340 tonnes de semences produites par saison, soit quasiment deux fois plus que les prévisions de 180t/saison émises lors du lancement en juillet 2022. Une performance soutenue par un rendement stabilisé à 4tonnes/ha et une extension des terres cultivées. En effet, à son lancement le champ Wassandé s’étendait sur 45hectares et s’étend actuellement sur une superficie de 200 hectares de verdure luxuriante. L’acquisition de nouveaux matériels (moissonneuses-batteuses, semoirs modernes etc) grâce au financement gouvernemental, a également contribué à renforcer la performance de ce site.
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Cependant l’Irad souligne que le matériel est « limité » du fait des délais prolongés de mise à disposition des fonds. En effet, sur les 10,3 milliards FCFA débloqués par l’Etat en 2022 pour financer ce projet semencier pour couvrir les 5 dédiés à l'exploitation, seulement 3 milliards FCFA ont été décaissés à date, soit moins de 30% du financement total engagé par l’Etat. « Malgré les délais de mie à disposition des fonds, nous avons réactivé notre savoir-faire accumulé depuis des décennies et nos laboratoires disposent aujourd’hui de plus de 100 variétés de semences améliorées issues de croisements », a expliqué Dr Néo Woin.
600 tonnes de semences attendues
Pour cette période de récolte, l’Irad est optimiste soulignant que, durant la dernière saison, les 200 hectares de terres ont été semées avec des semences de pré-bases piochées dans une sélection variétale de qualité, permettant de récolter environ 600 tonnes de semences de base avant le lancement de la prochaine saison. « Lors de la dernière campagne, nous avons emblaver 200 ha avec des semences souches issus de deux variétés phares, Irad 1 et Irad 2 […] sur cette superficie, nous attendons au minimum 600 tonnes de semences de bases Partis de semences souches, nous avons réactivé notre savoir-faire accumulé depuis des décennies et nos laboratoires disposent aujourd’hui de plus de 100 variétés de semences améliorées issues de croisements », a expliqué Dr Néo Woin.
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Les semences produites sont ensuite transmises aux coopératives agricoles, présentes dans des zones agro-écologiques, afin de cultiver de plus grands espaces (1tonnes de semence de base pour 10ha). Par exemple, les 600 tonnes de semences attendues devraient permettre d’ensemencer 6 000 hectares de terres agricoles avec pour objectif final de produire des semences certifiées à grandes échelles pour les agriculteurs. Après quoi la production de blé marchand locale pourrait être booster de façon effective et permettrait de réduire considérablement la facture des importations de farine de blé.
Principal poste de dépense des importations, l’achat de blé a couté 100,8 milliards FCFA au Cameroun pour 535 800 tonnes importées au 1er semestre 2025, en hausse de 0,7% en glissement annuel selon la note de conjoncture du ministère des Finances. En 2024, le pays a importé 1,2 millions de tonnes de blé (+35,2%) pour 214 milliards FCFA (+20%), selon l’INS.

