En 2024, le Cameroun a importé 1,1 million de tonnes de blé pour une valeur de 214 milliards FCFA, selon le Rapport sur l’économie camerounaise publié par le ministère de l’Économie (Minepat). Il s’agit d’une hausse de 311 940 tonnes (+35,2 %) par rapport aux 887 434 tonnes importées en 2023. C’est également le volume le plus élevé enregistré depuis 2021, année où les importations s’établissaient à 966 397 tonnes.
Le document ne précise pas les causes de cette flambée, mais elle illustre les difficultés du gouvernement à enrayer la dépendance aux importations de cette céréale, pourtant au cœur de sa politique d’import-substitution. Le blé figure en effet parmi les produits qui creusent structurellement le déficit de la balance commerciale, en raison d’une production nationale très insuffisante. Selon le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah) 2024-2026, le Cameroun dispose d’un potentiel de production de 225 000 tonnes de blé, mais n’en a produit que 945 tonnes en 2022. La demande nationale est estimée à environ 900 000 tonnes, un écart considérable que seul le recours aux importations permet actuellement de combler.
Lire aussi : Agroalimentaire : Les exportations françaises vers le Cameroun reculent de 18% à 135 milliards FCFA en 2024
À ce jour, plusieurs actions ont été entreprises par le gouvernement dans l’effet de booster la production locale. On peut citer à cet effet, la mise en œuvre du Piisah qui couvre la période 2024-2026. Dans le cadre de programme, les actions entreprises en 2024 ont porté notamment sur la promotion des farines locales (plantain, manioc, patate) en guise de substitution au blé ; la mise en service de 6 unités de production de farines panifiables, la production de 12 800 tonnes de farines de blé et panifiables par le regroupement des Promoteurs des farines locales du Cameroun (PROFALCAM). Des mesures qui semblent n’avoir pas porté des fruits.
Les chiffres de 2024 montrent que beaucoup reste encore à faire pour pouvoir réduire les importations de blé au Cameroun, une situation que les pouvoirs publics prennent bien en compte. Indiquons, pour ce faire, que dans l’optique de promouvoir les farines locales, le gouvernement a autorisé, pour l’exercice budgétaire en cours, l’abattement complet de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour les farines produites localement. À cela, on peut ajouter l’incorporation de 5 % des farines locales dans la fabrication des produits de boulangerie.
Lire aussi : Cameroun : les importations de blé bondissent de près de 40% au 1er semestre 2024
Le Piisah dans sa mise en œuvre prévoit la promotion des unités de production des farines locales ; l’organisation des campagnes de sensibilisation des meuniers sur la nécessité d’incorporation des farines locales dans la fabrication de leurs produits et l’organisation des foires de vulgarisation des farines locales de substitution. Malgré ces efforts, les perspectives de production nationale restent modestes : le Cameroun ne prévoit qu’une production de 2 856 tonnes de blé en 2025, un volume encore loin des besoins réels du pays.
Lire aussi : 417 milliards de Fcfa pour développer la filière blé au Cameroun

