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Cameroun : espoirs et interrogations sur la relance de la CDC

Plus de 51 milliards de FCFA pour la construction de deux usines dédiées à la production d’huile de palme, de margarine et de transformation de l’hévéa, et 35,7 milliards de FCFA pour la gestion des arriérés de salaire en sus de la reprise des dettes fiscales et sociales, ces gestes des pouvoirs publics en faveur du géant camerounais de l’agro-industrie, questionnent face à la persistance de la crise sécuritaire dans la région du Sud-Ouest.

Publiée dimanche 28 septembre 2025 à 12:52:33Modifiée dimanche 28 septembre 2025 à 13:12:08Temps de lecture 4 minPar Pierre Celestin ATANGANA

CDC
La CDC s'apprête à recevoir des financements vitaux pour la relance des activités et la modernisation de son outil de production.

C'est une lueur d'espoir et un grand point d'interrogation qui planent sur la Cameroon Development Corporation (CDC). Le géant agro-industriel camerounais, en difficulté depuis des années, s'apprête à recevoir des financements vitaux pour la relance des activités et la modernisation de son outil de production. Il s’agit de deux prêts négociés par l’Etat auprès de la banque londonienne Standard Chartered Bank qui doit mobiliser 47,064 milliards de FCFA et 4,6 milliards de FCFA.

Lire aussi : Cameroun : l’État règle 35,7 milliards FCFA d’arriérés de salaires à la CDC grâce à trois banques locales

Les deux emprunts dont le premier est garanti par la banque publique française BPIFrance, sont destinés à la construction de nouvelles usines d'huile de palme, de margarine et de transformation de l’hévéa. Ce qui permettra de moderniser les infrastructures de production et de relancer la compétitivité de la CDC après les dégâts causés par les incendies de plantations, les atrocités et les massacres de travailleurs par des bandes armées.

Du coup, cette injection de fonds, soit plus de 51 milliards de FCFA, couplée au paiement récent de 35,7 milliards de FCFA d'arriérés de salaires et à la reprise de la dette fiscale et sociale de l’entreprise par l'État, annonce le grand retour de la CDC sur la scène économique.

Inquiétudes

Cependant, des inquiétudes quant à l’efficacité de cette dynamique. Avec la persistance de la crise sécuritaire dans la région du Sud-Ouest, l’on s’interroge sur l’opportunité et la pertinence de ces opérations en faveur de la CDC dans un environnement qui ne garantit pas la productivité des équipes sur le terrain. En effet, les affrontements entre forces de sécurité et bandes armées continuent de sévir, créant un climat d'insécurité qui rend la relance des activités de l’entreprise périlleuse. Une situation qui risque, tant dans les plantations que dans les bureaux, de tempérer la satisfaction des ouvriers et du top management, du fait des incertitudes grandissantes.
Toute chose qui la question de la relance de la production à pleine capacité dans un contexte de doutes sécuritaires faisant planer des risques sur les investissements à réaliser ainsi que sur la capacité des travailleurs à faire face aux défis de la peur. Ces menaces sont également susceptibles d’hypothéquer le bon déroulement du chantier des deux nouvelles usines à construire ainsi que les investissements financiers de l’Etat si des garanties de sécurité des travailleurs et des plantations ne sont pas assurées.

Geste symbolique

Les prêts négociés par l’Etat auprès de la banque britannique Standard Chartered Bank exigent pourtant des résultats ainsi qu’un plan de développement clair pour la rentabilité des opérations bénéficiaires de cet emprunt. Sans la stabilité, le financement de plus de 51 milliards de FCFA et le paiement des arriérés pourraient apparaître comme des gestes symboliques dans une entreprise qui reste paralysée par une crise qui dure depuis 09 ans.

Lire aussi : Cameroun : CDC franchit la barre des 30 000 tonnes de bananes exportées en 2024, la meilleure performance depuis plus de 4 ans

Pour mémoire, l’on se souvient que l’Etat, à travers une convention de reprise et de règlement de la dette salariale, a signé avec deux banques, Société générale et Banque Atlantique, un plan d’apurement de 59,8 milliards de FCFA en 2024. Ce montant était réparti entre les salaires qui représentaient plus de 35 milliards de FCFA et 24 milliards de cotisations sociales. 20 milliards de FCFA ont effectivement été payés aux employés en 2024. Le reliquat de 15 milliards de FCFA des salaires l’a été il y a quelques jours à la faveur d’une instruction présidentielle de septembre 2025. Quant à la dette fiscale évaluée à 31,8 milliards de Fcfa, elle a été intégrée au capital de la CDC. Toute chose qui a relevé ses performances et consolidé son résultat en fin d’exercice l’an dernier.

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