Le gouvernement camerounais a annoncé avoir apuré l’intégralité des arriérés de salaires dus aux employés de la Cameroon Development Corporation (CDC), accumulés entre 2018 et 2022, pour un montant global de 35,75 milliards FCFA (64,41 millions de dollars US), a indiqué ce lundi 15 septembre le ministre des Finances Louis Paul Motaze. Ce règlement a été rendu possible grâce au rachat de ladite créance par un pool bancaire constitué de Société Générale Cameroun, CCA-Bank et AFG-Bank Cameroun. SG Capital, la franchise de Société Générale en charge des opérations de marché et Fedhen Capital sont intervenus en tant que co-arrangeurs.
«L'opération conclue ce jour est structurée en deux tranches, sous forme de cession de créances à des conditions compétitives, et dans le respect des plafonds définis par la Loi de Finances», a indiqué Louis Paul Motazé, signalant que le montant mis à disposition mettait fin et fin à des années d’incertitudes salariales pour plus de 20 000 travailleurs de la CDC, deuxième employeur du pays après l’État.
Selon les informations d’EcoMatin, Yaoundé a signé en juin 2024 une convention avec la CDC pour apurer cette dette en deux phases. Une première tranche de 20 milliards FCFA a été réglée fin 2024, dont 15 milliards mobilisés par Société Générale et 5 milliards par AFG Bank. Dans le cadre de la seconde tranche conclue cette année, la filiale locale du groupe français a de nouveau contribué, à hauteur de 10,75 milliards FCFA, portant à 25,75 milliards le volume total de créances rachetées par la banque. Les 5 milliards restants ont été apportés par CCA-Bank. L’État s’est engagé à rembourser progressivement ces établissements sur une période de cinq ans, selon nos sources.
Cette intervention devrait permettre à CDC d'alléger les tensions sociales qui pèsent sur son fonctionnement depuis plusieurs années et redresser sa situation financière. Spécialisée dans la production, la transformation et la commercialisation de la banane, l'huile de palme et le caoutchouc, CDC est une victime collatérale de la crise sécuritaire qui secoue les régions anglophones du Cameroun (Nord-ouest et Sud-Ouest) depuis 2016. Entre 2019 et 2023, l’entreprise a enregistré des pertes cumulées de 70 milliards FCFA et sa situation n’a réellement commencé à se redresser qu’à partir de 2024 grâce à plusieurs interventions de l’État. En plus de la dette salariale, Yaoundé a également repris 24,14 milliards FCFA dus à la Caisse nationale de prévoyance Sociale (CNPS) et 14 milliards de FCFA de dettes fiscales. Cette dernière créance a été convertie en 1,4 million de nouvelles actions au prix unitaire de 10 000 FCFA et intégrés au capital social.
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Le 30 mai 2025, l’Assemblée générale de la Cameroon Development Corporation (CDC), réunie à Limbé, a approuvé les états financiers 2024 de la société, qui dégagent un résultat net bénéficiaire de 45,41 milliards FCFA.
Malgré l'embellie sur son bilan, la CDC reste confrontée à des défis majeurs. Moins de la moitié de ses plantations sont exploitées, en raison de l’insécurité persistante dans les régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. Au-delà du paiement, le gouvernement affirme inscrire cette initiative dans une stratégie de restructuration et de modernisation de la CDC afin d’assurer sa relance durable et de renforcer sa contribution à l’économie nationale.
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