31 643 tonnes ! C’est le volume de bananes que la Cameroon development corporation (CDC) a vendu sur le marché international durant l’année 2024. Il s’agit de la meilleure performance de la société à capitaux publics sur les 55 derniers mois (4 ans et 7 mois), période à laquelle la CDC a repris ses activités. Cette performance est adossée à des résultats mensuels en hausse d’une moyenne de 15% permettant à CDC d’exporter plus de 2 500 tonnes par mois 5 fois dans l’année (en janvier, avril, mai, septembre et décembre) et même dépasser la barre des 4 000 tonnes en fin décembre (4 418 t en hausse de 77% en glissement annuel).
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Le volume vendu globalement sur les 12 mois de l’année est en hausse de 8,8% par rapport aux 29 063 tonnes exportées un an plus tôt et de 413% par rapport aux 6 168 tonnes vendues en 2020. Bien que ce résultat affiche une progression considérable, il faut relever tout de même qu’il est loin du niveau d’antan de la CDC qui exportait en moyenne 80 000 tonnes de bananes par an avant la mise en arrêt de ses activités en août 2018 à cause de la crise sécuritaire. Cette année-là, l'entreprise publique exploitant des plantations de bananes dans les régions du Sud-Ouest et du Littoral, avait réussi à exporter 34 944 tonnes de bananes en 8 mois.
Climat délétère
L’évolution progressive des résultats d’exportations de la CDC ne se fait pas sans douleur. Elle intervient dans un contexte où l’entreprise est en proie à de graves difficultés financières qui subsistent depuis la reprise. Parmi elles, une dette salariale colossale évaluée à 35,7 milliards de Fcfa pour la période 2018-2022, une dette fiscale estimée à 31 milliards de Fcfa et une dette envers la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) établie à près de 24 milliards de Fcfa. Ce qui fait une dette globale d’environ 81,7 milliards de Fcfa accumulée sur 5 ans. Une situation qui a engendré des tensions sociales au sein de l’entreprise et qui impacte également les revenus sur les ventes de ses produits qui ont chuté de 63,6% passant de près de 55 milliards de Fcfa avant la crise à tout juste 20 milliards de Fcfa actuellement.
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Pour la remettre sur pieds, la CDC a été incluse dans un plan de redressement élaboré sous la supervision du Premier ministre en septembre 2022. Ce plan qui vise à restaurer la stabilité financière de la CDC tout en relançant sa production et sa compétitivité a enfin été mis en marche à fin décembre 2024 grâce à une opération de rachat de créances qui a permis le rachat de 20 milliards de Fcfa de dettes (15 milliards pour Société Générale Cameroun et 5 milliards de Banque Atlantique Cameroun). Une bouffée d’oxygène qui devrait se poursuivre en 2025, quand est prévue la mobilisation d’une seconde tranche de 15 milliards de Fcfa.
Pour mémoire, la CDC, acteur clé de l'agro-industrie camerounaise, spécialisée dans la production de bananes, d'huile de palme et de caoutchouc, est l’entreprise qui a le plus fait les frais de la crise sociopolitique qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun depuis fin 2016 avec des volumes d’exportations décroissants, la mise en congé technique de plus de 6 000 employés sur les 22 000 que comptait l’entreprise, de lourdes pertes matérielles mais également la mise en arrêt de 12 sites sur les 29 que la CDC exploitait entre août 2018 et mai 2020 provoquant la sortie de la CDC du fichier des exportateurs de bananes pour 18 mois.











