Oriole Resources, société cotée à Londres sur l’AIM, a publié, le 23 septembre, son rapport intérimaire pour le premier semestre 2025. La compagnie britannique y révèle que le projet d’exploitation du gisement de calcaire de Wapouzé, situé dans le département de la Bénoué, région du Nord-Cameroun, peine à avancer faute de partenaire financier, malgré l’obtention en janvier d’une prorogation de deux ans de son permis, longtemps considéré comme le principal blocage. « L'industrie du ciment au Cameroun a une taille et une importance économiques significatives. Elle dépend en grande partie de l'importation de clinker, une matière première fabriquée à partir de calcaire de qualité cimentière. Oriole continue de rechercher des partenaires potentiels dans le domaine des minéraux industriels pour développer Wapouzé jusqu'à son exploitation commerciale de manière accélérée. », précise l’entreprise.
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Selon Oriole, l’objectif de la mutation du permis initialement aurifère vers le calcaire en 2023 était de valoriser des affleurements rocheux identifiés comme présentant une qualité compatible avec les besoins industriels. L’entreprise espère désormais attirer un acteur du secteur minier ou cimentier afin de développer le site jusqu’à une phase de production, avec la perspective de revenus sous forme de redevances. Mais en l’absence d’investisseur, l’exécution du programme de travaux approuvé reste limitée. « Si cela était possible, l'obtention d'un paiement basé sur une redevance sur le matériau potentiellement extrait pourrait fournir une source de revenus précieuse pour Oriole au Cameroun. », souligne le rapport.
Cette incertitude pèse sur l’ensemble de la filière ciment au Cameroun. Alors que plusieurs nouvelles cimenteries sont en construction ou viennent d’être mises en place à Édéa (région du Littoral) : Sinafcim (1 million de tonnes/an), Central Africa Cement (CAC, 1,5 million tonnes/an), Yousheng Cement (1,8 million tonnes/an) et que la demande intérieure reste soutenue, le pays dépend toujours largement de l’importation de clinker, matière première issue du calcaire et représentant une part importante du coût de production du ciment. En 2023, le Cameroun a importé 2,4 millions de tonnes de clinker pour 87,7 milliards FCFA. Cette forte dépendance extérieure alourdit la facture de l’industrie cimentière et contribue à la volatilité des prix du ciment pour les consommateurs. Une exploitation locale à Wapouzé pourrait contribuer à réduire cette facture extérieure, soutenir la compétitivité des industriels et, à terme, contenir la hausse des prix à la consommation pour les ménages.
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Pour rappel, le gouvernement camerounais vise une capacité de production nationale de 12,7 millions de tonnes/an de ciment d’ici la fin 2025, grâce à l’entrée en service des nouvelles usines, tout en réduisant la dépendance aux importations de matières premières (clinker). Le secteur est alimenté par plusieurs industriels dont Cimencam (LHMA), Dangote Cement, Cimaf, Medcem (groupe turc), Mira Company, Cimpor, Sinafcim, CAC, Yousheng Cement. Le gisement de calcaire Wapouzé pourrait jouer un rôle stratégique dans cette ambition, non seulement pour l’industrie du ciment, mais aussi pour l’émergente industrie aurifère locale, où le calcaire est utilisé dans plusieurs procédés métallurgiques.
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