Alors que la filière fait face aux inquiétudes suscitées par une étude universitaire conduite par Fabrice De Paul Tatfo Keutchatang sur la présence de métaux lourds dans les volailles et les œufs, l’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic) a livré les chiffres de la croissance de la filière. De fait, à l’approche des fêtes de fin d’année, période phare pour la filière au Cameroun, son président, François Djonou, fustige, dans un communiqué, une controverse fondée sur un échantillonnage jugé scientifiquement dérisoire — 48 poulets prélevés dans trois régions (Centre, Littoral, Ouest) —, tout en dénonçant une manœuvre potentielle visant à rouvrir le marché national aux importations de découpes de poulets et d’œufs.
Pour l'Ipavic, les universitaires s'appuient sur des métriques biaisées : l'étude ne porte, à l’analyse, que sur 0,000047 % d'un cheptel estimé à 107 millions de têtes. S'appuyant sur les données officielles, l'organisation des producteurs rappelle la dynamique structurelle d'une filière dont la production est passée de 68 millions de poulets en 2011 à 102 millions en 2026, affichant une progression de 50 % en 15 ans. La production d’œufs de consommation a été portée, quant à elle sur la même période, de 2,5 à 2,9 milliards d’unités.
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Considéré comme un modèle d'autosuffisance au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), le secteur avicole constitue, selon François Djonou, une « exception » pour avoir permis au Cameroun « de se prévaloir d’une indépendance en matière de production avicole ». Avec une contribution de 3 % à 4 % au PIB national et représentant près de 25 % du PIB agricole, la filière a généré un chiffre d’affaires de 1 170 milliards de FCFA en 2024. Poids lourd non négligeable, la filière soutient 320 000 emplois directs et 250 000 emplois indirects tout en approvisionnant les marchés frontaliers du Gabon, de Guinée équatoriale, du Tchad et de Centrafrique.
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Pour mémoire, Au mois de septembre dernier, des chercheurs de l’Université de Yaoundé I et de l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales, sous la conduite de Fabrice De Paul Tatfo Keutchatang, ont soutenu avoir découvert du plomb, du nickel, de l’arsenic, du cadmium, du chrome et du mercure dans des prélèvements réalisés sur un échantillon de 48 poulets et 180 œufs réalisés dans les régions de l’Ouest, du Centre et du Littoral, trois régions constituent les principaux bassins de production avicole du pays.








