A l’occasion de la Journée mondiale de l’œuf, célébré le 21 octobre dernier à Douala, l’Interprofession Avicole du Cameroun (Ipavic) a annoncé une production globale d’1,3 milliard d’œufs de table en 2024. Cette performance, en baisse de 28% en glissement annuel, est adossée à la diminution de 45% du cheptel de pondeuses, passée de 9 millions en 2018, à environ 5 millions à date mais également à une hausse importante du cours des intrants. « Cela a beaucoup affecté la production des œufs au niveau local », a exprimé Dr Albert Ichakou, spécialiste en aviculture et membre de l’Ipavic.
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En effet, les spécialistes du secteur avicole soulignent un bond du prix des intrants notamment le maïs, principal élément de l’alimentation avicole, dont le prix a bondi de 140% en 8 ans, passant de 170 FCFA/Kg en 2016 à 350 FCFA/kg à date. Cette situation est consécutive à la production déficitaire de maïs occasionnant à son tour une hausse record des importations à 81 233 tonnes (+103%) pour une enveloppe toute aussi importante, soit 11,1 milliards FCFA. En l’état, la filière projette une continuité dans la mesure où la relance de la production n’est pas encore effective et qu’une importation de 30 000 tonnes de cette céréale a été actée pour le compte du premier trimestre, soit l’équivalent des achats annuels de 2021.
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Une autre raison énoncée par l’interprofession est la pression fiscale qui aurait entrainé la fermeture de plusieurs grandes fermes dans la ville de Yaoundé et réduire considérablement l’offre en œufs de tables. « De grandes fermes de plus de 200 000 pondeuses ont fermé carrément les portes, il s’agit des deux plus grands aviculteurs de Yaoundé qui ont déposé le bilan à cause de la pression fiscale », a déclaré regrette François Djonou, président de l’Ipavic.
A noter qu’avec 1,3 milliard d’œufs de table produits, le Cameroun concentre près de 10% de la production mondiale en 2024. Celle-ci s’est établit à 15,5 milliards d’œufs à fin décembre 2024. Toutefois, la production avicole camerounaise demeure en dessous du besoin de consommation estimé par le groupement des éleveurs du Cameroun (GEC) à 52 œufs/habitant/an, soit un peu plus de 1,6 milliard d’unités.
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