Depuis un an, la filière avicole camerounaise est en crise. Le prix du maïs, composant principal (à 60 %) de la provende, a explosé de 138,4 % en moins de 12 mois. Une hausse brutale, liée à la faiblesse de la production locale et aux aléas climatiques, qui a lourdement pesé sur les coûts des éleveurs et fait flamber les prix des œufs.
Pour enrayer cette spirale, le gouvernement a autorisé l’importation de 30 000 tonnes de maïs entre janvier et mars 2025, pour un coût total tournant autour de 7,5 milliards FCFA en raison de 250 FCFA le kilogramme. « L’importation du maïs a contribué à la baisse des prix sur les marchés. Aujourd’hui, le kilogramme se vend entre 250 et 280 Fcfa contre 400 F il y'a quelques mois, ce qui a entraîné une diminution des prix des œufs sur l’ensemble du territoire », confie François Djonou, président de l’Interprofession Avicole du Cameroun (Ipavic).
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Sur le terrain, les effets se font déjà sentir. À Yaoundé, une alvéole d’œufs moyens se vend aujourd’hui à 2 200 FCFA, contre 2 500 FCFA le mois dernier. Même tendance observée à Douala, Dschang ou encore Ebolowa, où les prix varient entre 2 200 et 2 300 Fcfa. « Ça fait déjà six mois que j’attendais le changement, je suis même encore surprise qu’on me propose une alvéole à ce prix. Avant, tu ne pouvais pas trouver une alvéole à moins de 2 500 Fcfa, et quel genre d'œufs ! J’étais obligée de vendre trois à 250 FCFA pour gagner quelque chose », explique Émilie Akel, une revendeuse rencontrée au marché Elig-Edzoa à Yaoundé. Seulement, cette accalmie reste précaire. Car malgré les efforts conjoncturels, la production nationale d’œufs a chuté.
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En 2024, le Cameroun n’a produit que 95 501 tonnes d’œufs, contre 123 100 tonnes l’année précédente, selon les informations du programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l'exercice 2025. « Pour espérer que la production de 2025 grimpe, il faudrait au moins que le prix du maïs descende encore d’environ 30%, à 180 FCFA le kilogramme, se rapprochant ainsi des 130 FCFA qu’on enregistrait les années précédentes », estime François Djonou.
Rebâtir la filière sur le long terme
Au-delà de l’urgence, l’Ipavic multiplie les initiatives pour relancer durablement la filière. En 2023, elle a installé un couvoir d’une capacité de 57 600 œufs destiné aux jeunes aviculteurs du Nord et de l’Extrême-Nord. Une unité de production de 350 000 poussins d’un jour a également été mise sur pied pour renforcer l’activité dans la région du Nord-Ouest, en difficulté depuis plusieurs années.
La Société de provenderie du Cameroun (SPC), de son côté, avait promis de doubler sa production annuelle de provende de 50% grâce à une nouvelle ligne de fabrication d’aliments granulés pour volaille et bétail. Mais le projet est, pour l’instant, resté sans suite.
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