Dans un communiqué publié ce 30 octobre 2025 sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, l’ambassade de France à Yaoundé a réagi à la crise post-électorale qui secoue le Cameroun. La France déclare avoir « pris note » de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel, survenue le 27 octobre 2025.
Toutefois, Paris se dit « particulièrement préoccupé par les tensions post-électorales et la répression violente des manifestations » de ces derniers jours. Le communiqué déplore que « plusieurs civils ont perdu la vie par arme à feu et des centaines de personnes ont été blessées ». Pour sortir de cette crise, la France appelle les autorités camerounaises à garantir la sécurité et l’intégrité physique de tous les citoyens. Elle invite également l’ensemble des acteurs à faire preuve de retenue et à s'engager dans un « dialogue constructif» pour restaurer la paix, la sécurité et la sérénité au sein du peuple camerounais.
La France insiste sur un point essentiel : « il nous paraît essentiel que la démocratie, les libertés fondamentales et l’État de droit soient scrupuleusement respectés et que toutes les personnes détenues arbitrairement depuis le début du processus électoral soient libérées afin de préserver la cohésion nationale ». Enfin, Paris réaffirme que la sécurité de ses compatriotes est « au cœur » des préoccupations . L’ambassade de France à Yaoundé et le consulat général de France à Douala sont pleinement mobilisés et suivent « avec la plus grande attention la situation de nos concitoyens au Cameroun ».
La déclaration de la France fait suite à celle de l'Union Européenne (UE), dont elle est membre, publiée deux jours plus tôt. L'UE a d’abord exprimé sa « profonde préoccupation face à la répression violente des manifestations qui ont eu lieu les 26 et 27 octobre 2025 », déplorant la mort par arme à feu de plusieurs civils.
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A noter que la France est le deuxième fournisseur du Cameroun au sein de l'UE, avec une facture s'élevant à 296,1 milliards FCFA en 2024, représentant 22,4% des parts de marché. L'UE, quant à elle, est la principale destination du cacao camerounais, absorbant plus de 70% des exportations. Son partenariat avec le Cameroun, formalisé par les Accords de Partenariat Économique (APE) depuis2016, repose désormais sur l'Accord de Samoa. Cet accord promeut les principes de bonne gouvernance, de démocratie, de respect des droits de l'homme et de l'État de droit. Pour rappel, le climat social s'est dégradé au Cameroun après la publication des résultats de l'élection présidentielle le 27 octobre dernier. Le président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, a déclaré Paul Biya vainqueur avec 53,66% des voix, contre 35,19% pour son principal challengeur, Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre, ce qui n’a pas fait l’unanimité chez certains Camerounais.
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Malgré les assurances des autorités selon lesquelles la « situation est globalement sous contrôle », les activités reprennent timidement et la psychose persiste. L’activité économique se trouve particulièrement affectée. Dans le domaine du transport, les voyages entre Yaoundé et Douala sont difficiles. Des acteurs majeurs comme les stations-service Tradex et Neptune, ou encore Congelcam (qui contrôle environ 80% du marché du poisson), auront probablement besoin de temps pour retrouver leur rythme normal, après avoir été victimes des actes de vandalisme.
Pour sa part, après avoir été proclamé chef de l'État pour un huitième mandat, Paul Biya a exprimé ses pensées à « tous ceux qui ont inutilement perdu leurs vies, ainsi qu’à leurs familles, du fait des violences post-électorale ».

