TotalEnergies Marketing Afrique ne détient plus que 0,42 % du capital de la Société nationale de raffinage (Sonara), contre 4 % auparavant. Le groupe pétrolier français, principal actionnaire privé de la raffinerie camerounaise, voit ainsi sa participation divisée par près de dix. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) connaît une dilution comparable, sa part passant de 6,06 % à 0,64 %. Ces changements ressortent d'un avis légal publié le 14 octobre 2026, qui détaille la nouvelle répartition du capital de la Sonara après sa restructuration financière. Les deux autres actionnaires historiques ne sont pas épargnés. La Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) voit sa participation ramenée de 4,22 % à 0,45 %, tandis que celle de la Société nationale d'investissement (SNI) recule de 3,77 % à 0,40 %. Ensemble, ces quatre actionnaires ne possèdent désormais plus que 1,91 % de la Sonara, contre 18,05 % avant l'opération. À l'inverse, la participation directe de l'État camerounais est passée de 81,95 % à 98,09 %.

165 milliards de créances transformés en actions
Cette redistribution du capital est la conséquence d'une opération financière décidée lors de l'assemblée générale extraordinaire du 17 juin 2026 à Limbé. Selon l'avis légal, la Sonara a procédé à une réduction de capital de 381,12 millions de FCFA, suivie d'une augmentation de 165,36 milliards de FCFA, entièrement souscrite par l'État, représenté par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Le capital social de l'entreprise est ainsi passé de 19,56 milliards à 184,92 milliards de FCFA. Pour renforcer sa participation, l'État n'a pas eu à décaisser 165 milliards de FCFA. Il a converti en actions des créances certaines, liquides et exigibles qu'il détenait sur la Sonara. En contrepartie, il a reçu 2 875 540 actions nouvelles, d'une valeur nominale de 57 500 FCFA chacune. Cette émission massive de titres a mécaniquement réduit le poids des autres actionnaires, dont les participations ont été diluées sans qu'une cession de leurs actions soit nécessaire.
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L'opération permet à la Sonara d'alléger son endettement envers l'État et de renforcer son capital, sans apport équivalent de trésorerie nouvelle. Elle intervient après plusieurs années de restructuration financière engagée à la suite de l'incendie du 31 mai 2019, qui a paralysé les installations de raffinage de Limbé. Depuis cet accident, l'entreprise ne produit plus de carburants raffinés et poursuit des activités liées notamment à l'approvisionnement du marché national en produits pétroliers.
Un nouvel équilibre avant la reconstruction
Cette concentration du capital intervient à un moment décisif pour l'avenir de la Sonara. Le gouvernement camerounais cherche à mobiliser environ 700 milliards de FCFA pour reconstruire et moderniser la raffinerie, avec l'ambition de porter sa capacité annuelle de traitement de 2,1 millions à au moins 3,5 millions de tonnes. Pour financer ce chantier, Yaoundé privilégie désormais un partenariat public-privé. Lors d'une consultation organisée entre juin et juillet 2026, les investisseurs potentiels ont toutefois soulevé plusieurs interrogations sur la rentabilité du projet. Certains ont recommandé une capacité de raffinage plus importante, des garanties financières renforcées et un meilleur partage des risques avant de s'engager.
La recapitalisation intervient donc dans un contexte où le gouvernement cherche à présenter une entreprise financièrement plus solide à ses futurs partenaires. Mais elle ne suffit pas, à elle seule, à garantir le financement de la reconstruction. Avec un capital désormais détenu à plus de 98 % directement par l'État, la Sonara aborde cette nouvelle étape sous un contrôle public encore plus concentré, tandis que ses actionnaires historiques n'occupent plus qu'une place marginale dans son capital.
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