Glencore, géant du négoce suisse, a publié le 29 janvier 2026 son rapport annuel de production, faisant état d’un net repli de ses volumes pétroliers au Cameroun. Sur l’ensemble de l’exercice 2025, la production nette du groupe issue de ses participations dans le bassin offshore du Rio Del Rey s’est établie à 161 000 barils, contre 201 000 barils en 2024, soit une baisse de 20%, selon le document.
Cette contre-performance s’explique par la maturité avancée des champs pétroliers camerounais, principalement sur le bloc Bolongo, exploité par le français Perenco, opérateur technique, aux côtés de Glencore en tant que partenaire non-opérateur. Le déclin naturel des réservoirs, combiné à des arbitrages d’investissement défavorables aux actifs matures, continue de peser sur les volumes. Sur le plan trimestriel, un rebond ponctuel est toutefois observé au quatrième trimestre 2025, avec une production nette de 39 000 barils, en hausse de 56 % par rapport au T4 2024, mais en recul de 13 % par rapport au trimestre précédent, suggérant un effet temporaire lié à des opérations d’optimisation.
Lire aussi : Dette pétrolière : le Tchad prévoit de verser 5 milliards FCFA à Glencore en 2026
À l’échelle du portefeuille régional de Glencore, le Cameroun demeure un actif marginal, ne représentant qu’environ 5% de la production pétrolière du groupe en Afrique centrale (2,9 millions de barils), largement dominée par la Guinée équatoriale (2,8 millions de barils). Pour les finances publiques camerounaises, cette baisse s’inscrit dans un contexte plus large de déclin structurel de la production nationale, qui a conduit les autorités à réviser à la baisse leurs prévisions pour 2025, de 20,71 à 19,81 millions de barils, encore moins pour 2026 dont les chiffres ne sont pas encore rendus publics. Les recettes pétrolières sont attendues à 612,5 milliards FCFA en 2026, avant de passer sous la barre de 600 milliards FCFA en 2027, selon les projections budgétaires.
Présent au Cameroun depuis les années 2010, Glencore a progressivement réduit son exposition aux actifs pétroliers du pays. En décembre 2018, le groupe avait finalisé la cession de plusieurs participations offshore, dont le projet Matanda, après avoir comptabilisé une dépréciation d’actifs de 212 millions de dollars. Par ailleurs, le groupe reste embourbé dans des affaires de corruption et des poursuites judiciaires au titre des droits et taxes détournés ainsi que des amendes liées aux surfacturations dans le cadre de contrats pétroliers.
Lire aussi : Affaire Glencore : six anciens dirigeants inculpés à Londres pour corruption au Cameroun, Nigéria et Côte d’Ivoire

