La Société nationale des mines du Cameroun (Sonamines) a lancé deux appels internationaux à manifestation d’intérêt en vue de sélectionner des partenaires technico-financiers pour le développement et l’exploitation de gisements miniers stratégiques. Les projets concernent le gisement polymétallique de cobalt-nickel-manganèse de Lomié-Nkamouna, dans la région de l’Est, et le bloc rutilifère d’Akonolinga, dans le Centre du pays.
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À Lomié-Nkamouna, l’initiative intervient après le retrait, en février 2025, du permis d’exploitation précédemment détenu par Geovic Cameroon, pour non-mise en valeur du gisement pendant plus de deux décennies. Le site a depuis été rétrocédé à la Sonamines, chargée par l’État de relancer le projet avec des partenaires disposant d’une solide capacité financière et d’une expérience confirmée dans les projets miniers de classe mondiale. À Akonolinga, le projet de rutile, resté au stade de préfaisabilité après le départ de Eramet Cameroun, fait également l’objet d’une relance dans un nouveau cadre de partenariat public-privé.
Les études techniques disponibles font ressortir un fort potentiel économique. Dans une interview accordée en 2025 à EcoMatin, Serge Hervé Boyogueno, DG de la Sonamines, indiquait que le gisement d’Akonolinga recèlerait environ un million de tonnes de rutile à haute teneur. Pour sa part, le projet de Lomié-Nkamouna s’appuie sur des travaux conduits par Geovic Cameroon, qui évaluent la ressource à environ 68 millions de tonnes de minerai, avec des teneurs moyennes de 0,26 % de cobalt, 0,66 % de nickel et 1,48 % de manganèse, des métaux critiques très recherchés dans la fabrication de batteries, d’aciers spéciaux et de composants électroniques.
Selon les termes des appels, les candidats devront justifier d’au moins 15 ans d’expérience dans le secteur minier et d’un chiffre d’affaires annuel d’au moins 150 millions de dollars sur les cinq dernières années. Ils seront appelés à financer les projets, actualiser les études de faisabilité et d’impact environnemental, puis développer et exploiter les gisements conformément aux standards internationaux. Les autorités camerounaises voient dans ces projets un levier de diversification économique et un positionnement stratégique sur les minerais critiques utilisés dans les batteries, l’acier et les technologies de la transition énergétique.

