Le secteur financier camerounais a affiché une résilience remarquable en 2024, porté par une forte progression de l’activité de crédit, malgré un environnement monétaire longtemps contraint. Selon le rapport sur la situation économique du Cameroun publié en 2025 par la Banque mondiale, les prêts accordés au secteur privé ont bondi de 25,6 % sur l’année, une performance qui a soutenu une croissance annuelle de 8,9 % de l’ensemble du secteur financier. Cette dynamique s’est produite alors même que la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) maintenait depuis 2021 une politique monétaire restrictive destinée à contenir les pressions inflationnistes et à stabiliser les réserves de change. Ce n’est qu’en mars 2025 que l’institut d’émission a commencé à adoucir légèrement ses mesures, en assouplissant les conditions d’accès au refinancement pour les établissements de crédit, tout en maintenant un cap prudentiel.
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L’expansion du crédit s’explique en partie par la transformation structurelle de l’économie nationale. Le secteur des services est resté en 2024 le principal moteur de la croissance réelle du PIB, stimulé selon la Banque mondiale par une urbanisation soutenue et une migration continue de la main-d’œuvre du secteur agricole vers les services urbains. Cette dynamique a dopé les activités commerciales, qui ont poursuivi leur développement en dépit de contraintes persistantes liées notamment à la dégradation des infrastructures routières. Le secteur financier a ainsi été un pilier de cette croissance, bénéficiant non seulement d’une demande accrue en financement, mais aussi de l’arrivée de nouveaux acteurs bancaires sur le marché, à l’instar d’Africa Golden Bank et de La Régionale Bank, qui ont contribué à intensifier la concurrence et à élargir l’offre de services financiers. Cette évolution a renforcé la capacité du système bancaire à répondre aux besoins de financement des entreprises et des ménages, soutenant ainsi l’expansion du crédit.
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Déjà en 2023, les crédits bancaires au secteur privé avaient connu une hausse notable, atteignant 4 291,4 milliards Fcfa à fin juin, soit une progression de 5,2 % par rapport à fin décembre 2022. Ils représentaient alors près de 88,8 % des concours à l’économie nationale. Cette accélération du financement privé témoigne de la vitalité du tissu entrepreneurial camerounais et de l’attractivité croissante du marché bancaire local. Elle constitue également un signal positif pour la diversification de l’économie, dans un contexte où les autorités cherchent à stimuler l’investissement productif et à soutenir la création de valeur ajoutée hors secteur primaire.

