« Nous avons eu un contexte difficile marqué par le Covid en 2020 et 2021 et puis la crise russo-ukrainienne en 2022. Malgré ces situations, nous avons pu avoir un taux de mise en œuvre global de 40% chaque année et même sur les chantiers qui avaient été lancés oscillaient autour de 80%. Cinq ans après, on peut dire que beaucoup a été fait mais les marges de progression restent importantes pour atteindre notre système de référence qui soit conforme aux standards internationaux en la matière ». Cet aveu est de Sophie Boumsong, le chef de la Division de la réforme budgétaire à la Direction générale du Budget (DGB) du Cameroun qui animait le 26 novembre 2024 à Mbankomo (région du Centre) un atelier sur les réformes des finances publiques.
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En effet, le ministère des Finances à travers la DGB a exécuté un (premier) plan global des réformes de la gestion des finances publiques (Pgrgfp) sur la période 2019-2023 qui affiche après 5 ans, un bilan mitigé. C’est pour corriger les insuffisances que les pouvoirs publics annoncent la mise en œuvre d’un nouveau Pgrgfp entre 2024-2027 avec pour objectif principal de mettre en lace une gouvernance financière efficace , responsable sur l’ensemble du territoire s’appuyant sur un système d’information intégré performant.
Le coût du projet est estimé à 16,1 milliards de Fcfa et sera financé « à titre principal » par le budget de l’Etat à travers une provision dédiée constituée dans le budget de l’Etat de l’année considérée sur la base des activités validées dans le cadre de son plan de travail annuel. Etendu à 09 axes contrairement contre 05 pour le précédent plan, le Pgrgfp 2024-2027 envisage de mettre un accent sur l’élaboration du budget de l’Etat (2,6 milliards de Fcfa), le pilotage de l’élaboration du budget de l’Etat (2,2 milliards de Fcfa), l’optimisation des systèmes d’information de la gestion des finances publiques (GFP) évaluée à 2,4 milliards de Fcfa.
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A en croire le plan stratégique de réformes de la gestion des finances publiques consulté par EcoMatin, le nouveau plan se révèle nécessaire au regard de nombreux défis qui perdurent en dépit d’importantes avancées. Ainsi, l’outil d’évaluation de la gestion des finances publiques (Pefa) relève notamment « la composition des dépenses par classification administrative diffère sensiblement des prévisions initiales ; les arriérés des recettes sont importantes , ce qui soulève des préoccupations quant à l’efficacité de leur recouvrement ». Par ailleurs, la DGB fait remarquer que les fonctions d’audit externe de la Chambre des Comptes ont été étendues et la CdC examine régulièrement les rapports financiers de l’Etat et de certaines entités extrabudgétaires. Cependant, déplore l’institution, « il existe toujours une situation de concurrence entre la Chambre des Comptes et le contrôle supérieur de l’Etat (Consupe)».
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Les principales missions du Pgrgfp 2024-2027 demeurent donc la discipline budgétaire (qualité de l’affectation des ressources, gestion du plan de trésorerie, etc.) les mécanismes de contrôle interne et externe, les mécanismes de budgétisation et de transfert du gouvernement central aux CTD, etc.

