Quelques semaines seulement après avoir bouclé l’acquisition de la Société le Grand Moulin du Cameroun (Sgmc) et de la Société le Grand Moulin du Phare (Sgmp) au Congo pour environ 50 milliards FCFA, le groupe Cadyst est en passe de frapper un autre grand coup dans le secteur de la chocolaterie cette fois. L’opérateur industriel, propriété de l’homme d’affaires camerounais Célestin Tawamba est en voie de racheter la Chocolaterie Confiserie Camerounaise (Chococam).
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Selon les informations d’EcoMatin, le groupe Cadyst est en pourparlers avancés avec Tiger Brands qui détient 74,7% du capital de Chococam (contre 25,3% pour les actionnaires nationaux). L’industriel camerounais aurait fait une offre de 60 milliards FCFA au groupe agro-industriel sud-africain pour reprendre ses part dans le capital de l’entreprise, qui produit et commercialise des produits chocolatiers (Tartina, Mambo, Matinal), des confiseries (bonbons Kola, Big gum, biscuits Davita) etc.
La CNPS à l’affût
D’après des sources bancaires, Célestin Tawamba envisagerait de financer l’opération par le biais d’une syndication bancaire domestique. Les discussions se poursuivent à la fois avec un pool bancaire local, et avec Tiger Brands pour finaliser le deal. Toutefois, si Cadyst apparaît comme le favori dans ce dossier, il n’est pas le seul prétendant. D’autres acteurs ont manifesté leur intérêt, dont la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS). La caisse de pension camerounaise a mandaté Afrotopia Capital, société d’investissement basée à Abidjan, pour l’accompagner dans les négociations.
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Fondée par l’expert financier camerounais Fabrice Ndjodo, formé à la Harvard Business School, Afrotopia Capital dispose d’une solide expérience régionale. Selon son profil LinkedI, son dirigeant occuper d’ailleurs les fonctions de directeur non exécutif d’Attijari West Africa (AWA), holding regroupant les participations du groupe marocain Attijariwafa Bank dans plusieurs banques de premier plan en Afrique de l’Ouest : Crédit du Sahel (CDS) et Compagnie Bancaire d'Afrique de l'Ouest (CBAO) au Sénégal, Société Ivoirienne de Banque (SIB) en Côte d'Ivoire, Banque Internationale pour le Mali (BIM) au Mali, et Banque Internationale pour l'Afrique (BIA) au Togo.
Pourquoi Tiger Brands veut céder Chococam
Le groupe agro-industriel sud-africain Tiger Brands vient de publier son rapport semestriel pour l’exercice 2025. Dans ce document, l’entreprise réaffirme sa volonté de se désengager d’activités jugées « non essentielles », dans le cadre de son plan de restructuration stratégique. Chococam fait partie des entités concernées. « Nous avons identifié diverses catégories et divisions qui ne répondent pas aux critères de notre stratégie d’optimisation du portefeuille et qui ne sont pas considérées comme fondamentales pour la compétitivité future de Tiger Brands », explique le groupe, qui évoque désormais un « retrait progressif » de ces actifs.
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Pour Tiger Brands, une activité est jugée « essentielle » si elle atteint un chiffre d’affaires semestriel d’au moins 2 milliards de rands (112 millions USD) et un bénéfice d’exploitation de 1,7 milliard de rands (95,1 millions USD). Or, Chococam ne remplit plus ces critères depuis 2023. Son chiffre d’affaires a reculé de 67,1 millions USD en mars 2022 (38,8 milliards FCFA) à 47,6 millions USD (27,03 milliards FCFA) en 2023, puis 46,7 millions USD (27,5 milliards FCFA) en 2024. Pour le premier semestre 2025, la tendance reste baissière, avec un recul de 2,6% sur un an.
Affaire Danpullo
Le désengagement envisagé s’inscrit aussi dans un climat tendu entre la maison-mère et sa filiale camerounaise. Tiger Brands est embourbé depuis plusieurs années dans un contentieux financier avec l’homme d’affaires camerounais Baba Danpullo, qui avait conduit à la saisie à titre conservatoire de ses comptes bancaires depuis près de trois ans. Le groupe fait également face à la suspension du rapatriement des dividendes du Cameroun vers l’Afrique du Sud depuis bientôt quatre ans, une situation qui pèse lourdement sur ses intérêts dans la région.
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