Le groupe agro-industriel sud-africain Tiger Brands vient de publier son rapport semestriel d’activités pour l’exercice comptable 2025. Dans ce document consulté par EcoMatin, le groupe revient sur la mise en œuvre de son plan de restructuration stratégique, exprimant sa volonté de se désengager d’activités jugées « non essentielles », dont sa filiale camerounaise Chocolaterie Confiserie Camerounaise (Chococam) où il contrôle 74,7% du capital.
« Nous avons identifié diverses catégories et divisions qui ne répondent pas aux critères de notre stratégie d’optimisation du portefeuille et qui ne sont pas considérées comme fondamentales pour la compétitivité future de Tiger Brands. Il s’agit notamment de King Foods, de l’activité chocolat au sein de la division Snacks, Treats and Beverages (STB), et de la filiale Chococam au Cameroun », indique l’entreprise, qui envisage désormais un « retrait » progressif de ces entités.
« La direction reste néanmoins déterminée à stimuler la croissance et l’expansion des marges au sein de ces opérations jusqu’à l’établissement d’un plan de sortie réaliste », ajoute-t-elle sans apporter de détails sur les délais.
Tiger Brands considère une activité comme « essentielle » lorsqu’elle génère un chiffre d’affaires semestriel d’au moins 2 milliards de rands (112 millions USD) et un bénéfice d’exploitation de 1,7 milliard de rands (95,1 millions USD). Des seuils que Chococam ne remplit plus depuis 2023. L’entreprise, dirigée par le Sénégalais Mouhamadou Ndiaye, est en effet passée sous la barre du milliard de rands de revenus semestriels cette année-là, malgré une croissance moyenne de 2 % des volumes de production, portée notamment par les gommes, les bonbons et les boissons. Le chiffre d’affaires est ainsi passé de 67,1 millions USD en mars 2022 (38,8 milliards FCFA) à 47,6 millions USD (27,03 milliards FCFA) un an plus tard, puis 46,7 millions USD en 2024 (27,5 milliards FCFA) avant d’enregistrer une nouvelle baisse de 3,8%.
Tiger Brands attribue cette tendance baissière aux fluctuations du taux de change entre le rand sud-africain (ZAR) et le franc CFA. « La baisse des revenus de Chococam est exclusivement liée à l’appréciation du rand, car en monnaie locale, les revenus ont enregistré une progression de 2,6 % par rapport à l’année précédente », précise le rapport.
Lire aussi : Affaire Danpullo : au Cameroun, la justice maintient la saisie des comptes de MTN et Chococam
Le retrait envisagé s’inscrit aussi dans un contexte de tensions persistantes entre la maison mère et sa filiale camerounaise. En effet, Tiger Brands est engagé dans un contentieux financier de longue date avec l’homme d’affaires camerounais Baba Danpullo, qui avait conduit à la saisie conservatoire de ses comptes bancaires il y a près de trois ans. Le groupe fait également face à la suspension du rapatriement des dividendes depuis bientôt quatre ans, une situation qui pèse lourdement sur ses intérêts dans la région.
Précisons qu'au Cameroun, Chococam produit et commercialise les produits chocolatiers ( de marque Tartina, Mambo, Matinal), des confiseries (bonbons Kola, Big gum, biscuits Davita), du riz et des pâtes alimentaires (Tastik) mais aussi, depuis 2014, des produits de soins corporels, ménagers et leurs dérivés.

