Au Cameroun, le projet de calcaire de Wapouze, situé dans la région du Nord, ambitionne de produire jusqu'à 400 000 tonnes de minerais par an. Cette perspective s'appuie sur une première estimation des ressources minérales (MRE) du gisement, évaluée à 32,2 millions de tonnes selon le référentiel international JORC. Dévoilée le 7 octobre par la junior britannique Oriole Resources, détentrice du permis, l'étude affiche des teneurs moyennes de 50,33 % en oxyde de calcium (CaO), 1,13 % en oxyde de magnésium (MgO) et 6,06 % en silice (SiO₂). « Cette première estimation indique le potentiel de soutenir une exploitation minière de calcaire sur plusieurs décennies », souligne la société. Une ressource importante bien qu'il s'agisse pour l'instant d'une ressource minérale et non encore d'une réserve économiquement exploitable.
Pour concrétiser cette ambition, Oriole table sur une exploitation à ciel ouvert, indique Martin Rosser, son directeur général. La junior cotée à Londres s'attelle désormais à la rédaction d'une évaluation économique préliminaire (PEA), une étape clé pour juger de la rentabilité du projet avant tout développement industriel. Au-delà du ciment, l'enjeu est hautement stratégique et financier pour l'entreprise, dont le cœur de cible au Cameroun reste l’or dans la mesure où l'exploitation du calcaire doit générer à terme des flux de trésorerie pour financer ses recherches aurifères. La société prévoit de déposer sa demande de licence d'exploitation dès ce trimestre, tout en cherchant activement un partenaire doté d'une solide expertise industrielle pour porter le projet.
Lire aussi :Calcaire : au Cameroun, le projet de Wapouzé redémarre après trois ans de blocage
Dans la vision d'Oriole, le calcaire de Wapouze est destiné en priorité à alimenter les cimenteries du Cameroun et du Tchad voisin. Il pourra également servir à produire de la chaux, indispensable au traitement du minerai d'or ou à divers procédés de l'industrie chimique. Ce projet vient ainsi renforcer l'ossature industrielle des matériaux de construction dans le septentrion camerounais, venant emboîter le pas à l'exploitation du marbre de Bidzar et du calcaire de Figuil.
Si la licence d'exploitation lui est accordée, le projet sera régi par le Code minier de 2023, sous réserve d’une éventuelle nouvelle réforme dans le secteur. Pour les substances non précieuses, ce texte fixe la participation ou la quote-part de l'État directement dans la convention minière, dans une fourchette allant de 2 % à 15 % de la production selon les spécificités du projet.
À titre de comparaison, la convention de Bidzar prévoit 5 % de la production brute de marbre les trois premières années, avant de passer à 10 %. À titre d'illustration, le rapport ITIE indique qu'en 2023, sur 224 304,49 tonnes de marbre produites au Cameroun, 11 215,22 tonnes sont revenues à l'État via la Sonamines. Concernant Wapouze, aucune estimation chiffrée de cette redevance publique ne pourra toutefois être arrêtée avant la finalisation de la convention minière.
Lire aussi :Cameroun : Oriole Resources vise un permis d'exploitation pour le gisement de calcaire de Wapouzé












