Le quatrième Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH), conduit simultanément avec le deuxième Recensement général de l'agriculture et de l'élevage (RGAE), continue de s'éloigner de son calendrier initial. Prévue pour s'achever à la fin du mois de mai dernier, l'opération avait déjà bénéficié d'une première prorogation jusqu'au 31 juillet. Ce délai supplémentaire n'ayant pas permis d'atteindre les objectifs fixés, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a décidé, à l'issue de la 16e session du comité technique tenue ce 31 juillet, de prolonger une nouvelle fois les opérations de terrain jusqu'au 15 septembre prochain.
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Cette décision intervient alors que les résultats provisoires présentés une semaine plus tôt, lors de la 15e session du comité technique, faisaient apparaître un taux de couverture nationale inférieur à 60 % au 24 juillet. Selon les données communiquées à cette occasion par cette instance, plus de 40 % du territoire restaient encore à couvrir, malgré deux mois supplémentaires accordés aux équipes de terrain. Ce niveau est jugé largement en deçà des attentes pour une opération censée fournir les données démographiques et socio-économiques qui serviront de référence aux politiques publiques durant la prochaine décennie.
Au-delà des difficultés opérationnelles, ce nouveau glissement soulève une question budgétaire. La première prorogation avait déjà entraîné une rallonge de 6 milliards de Fcfa, portant le coût global de l'opération de 13,3 à 19,3 milliards de Fcfa. Sur cette enveloppe additionnelle, la Banque mondiale avait mobilisé 4,5 milliards de Fcfa à travers le projet d'Harmonisation et d'amélioration des statistiques en Afrique de l'Ouest et du Centre, tandis que l'État camerounais avait apporté les 1,5 milliard de Fcfa restants.
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La nouvelle prorogation laisse désormais planer l'incertitude sur les financements complémentaires qui pourraient être nécessaires. Lors de la 15e session du comité technique, Tatiana Matip, représentante de la société civile au sein de cette instance, avait évoqué l'existence d'une enveloppe de 4 milliards de Fcfa destinée à accompagner une nouvelle extension des opérations. Aucune confirmation officielle n'a toutefois été donnée sur l'utilisation effective de ces ressources.
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Sur le terrain, les difficultés se sont accumulées depuis le lancement du recensement. Des dysfonctionnements techniques dans le dispositif de paiement des indemnités ont retardé la rémunération de plus de 30 000 agents recenseurs. Ces retards avaient provoqué une démobilisation de certains agents, voire des abandons de poste — des dysfonctionnements reconnus tour à tour par le président du comité technique, Jean Tchoffo, puis par le gouvernement.
Face aux performances jugées insuffisantes dans plusieurs départements, notamment le Mfoundi et le Wouri, le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait d'ailleurs adressé le 17 juillet une instruction qualifiée de « très urgente » aux sous-préfets. Il leur demandait de se rendre personnellement sur le terrain afin de redynamiser les opérations, en mobilisant chefs traditionnels, responsables religieux, élus locaux, partis politiques et autres forces vives pour accompagner les agents recenseurs.











