Par arrêté daté du 11 décembre dernier, le bureau du Sénat a limogé le secrétaire général adjoint de cette institution, l’ancien gouverneur de région Bernard Wongolo. L’intéressé a été notifié de la cessation de ses fonctions le 13 décembre. Et dans cette notification au vitriol (en français et en anglais) signée du premier vice-président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, il lui est demandé de se présenter au Sénat au plus tard le lundi 16 décembre courant avant 15H30, personnellement ou par toute autre personne qu’il pourrait mandater à ces fins, à l'effet de récupérer ses effets personnels au cas où il en disposerait encore dans son ancien bureau. « Je vous ordonne également de restituer, dans les mêmes délais, les véhicules (…) qui vous ont été attribués dans le cadre de vos anciennes fonctions », ajoute celui qui trône par ailleurs à la tête du plus important lamido du Cameroun, à savoir Rey-Bouba, dans le Nord.
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En fait de véhicules, le monarque énumère un Land Cruser GX V8 et un Prado TXL. Bernard Wongolo semble prendre stoïquement cette décision. En effet, le 24 décembre, il a fait tenir au secrétaire général du comité central du Rdpc (au pouvoir), Jean Nkuete, pour « sa haute information », copie de la décision du bureau du Sénat mettant fin à ses fonctions, non sans le remercier pour son « soutien constant ». Il faut noter que Bernard Wongolo assure par ailleurs les fonctions de chef de la délégation permanente régionale du comité central de cette formation politique pour l’Est.
Il ne fait pas de doute que l’éviction de ce haut dignitaire du régime est liée aux dernières actualités au Sénat. Il est cité en premier dans un scandale de détournements massifs à hauteur de 3 milliards Fcfa environ dans cette institution. En effet, un audit de gestion commandé par le bureau de la cette institution a constaté sur la période allant de fin octobre 2023 à février 2024, un trou de 1 à 3 milliards Fcfa dans les caisses de l’institution. Comme nous le soulignions le 29 mai, l’argent s’est évaporé en l’absence du président du bureau de la chambre, Marcel Niat Njifenji, en évacuation sanitaire à l’étranger durant les trois mois auxquels la commission d’enquête présidée par le vice-président Robert Nkili et dans laquelle l’on retrouvait tous les questeurs, a circonscrit ses investigations. Cette commission qui a siégé pendant 10 jours a auditionné, outre l’administration, tous les responsables des services financiers du Sénat.
Sur la base du rapport de cette instance, formalités administratives obligent, une demande d’explications avait été servie au désormais secrétaire général adjoint. Il avait ensuite écopé d’une mise à pied de 10 jours avant de reprendre discrètement du service début juin 2024, après avoir, selon des sources internes, présenté par écrit des excuses au président Marcel Niat Njifenji. Bernard Wongolo bénéficiait d’une délégation de signature et était par conséquent devenu secrétaire général du Sénat de fait, depuis la mise en congé prolongé du titulaire du poste, Michel Meva’a m’Eboutou, qui, en raison de ses ennuis de santé a été déclaré en incapacité de travailler depuis deux ans.
A l’ouverture de la session de juin au Sénat, le président Marcel Niat Njifenji avait juré que tout était mis en œuvre pour que les responsables de ces détournements de deniers publics présumés rendent gorge et pour un retour à l’orthodoxie financière au sein de la chambre haute du Parlement. Ce limogeage de Bernard Wongolo intervient juste 7 mois après qu’il a été chassé de l’Université de Bertoua dont il était le président du conseil d’administration depuis deux ans. Son remplaçant sera très certainement connu à l’issue d’une réunion du bureau du Sénat convoquée ce 02 janvier. Elle sera présidée par Abdoulaye Aboukary, le président Niat Njifenji se trouvant cette fois encore en évacuation sanitaire en France.

