Le président de la République, Paul Biya, a effectué ce 10 juillet un vaste remaniement dans les universités d’Etat. Ce remaniement consacre le retour en grâce de l’ancien ministre et ex-sénateur Charles Sale, avec sa nomination au poste de président du conseil d’administration (PCA) de l’Université de Bertoua, dans la région de l’Est. Il remplace ainsi Bernard Wongolo, qui occupe par ailleurs les fonctions de secrétaire général adjoint du Sénat.
Le timing de son remplacement interroge à plus d’un titre, tant il n’aura fait que deux ans à cette fonction. En effet, il avait été fait PCA en juin 2022, à la faveur de la désignation des tout premiers organes sociaux de cette jeune institution universitaire, créée 6 mois plus tôt. Son remplacement après seulement 2 exercices budgétaires interroge davantage que plus de 55 PCA sur un échantillon de 88 entités publiques dressé par l’universitaire Viviane Ondoua Biwole ont des mandats échus depuis plusieurs années pour la plupart.
Ce limogeage pourrait être un élément déclencheur de la descente aux enfers de l’ancien gouverneur de région, cité il y a moins de 2 mois dans un scandale de détournement massifs à hauteur de 3 milliards Fcfa environ au Sénat. En effet, un audit de gestion commandé par le bureau de la cette institution a constaté sur la période allant de fin octobre 2023 à février 2024, un trou de 1 à 3 milliards Fcfa dans les caisses de l’institution. Comme nous le soulignions le 29 mai, l’argent s’est évaporé en l’absence du président du bureau de la chambre, Marcel Niat Njifenji, en évacuation sanitaire à l’étranger durant les trois mois auxquels la commission d’enquête présidée par le vice-président Robert Nkili et dans laquelle l’on retrouvait tous les questeurs, a circonscrit ses investigations. Cette commission qui a siégé pendant 10 jours a auditionné, outre l’administration, tous les responsables des services financiers du Sénat.
Sur la base du rapport de cette instance, formalités administratives obligent, une demande d’explications a été servi au secrétaire général adjoint, l’ancien gouverneur de région Bernard Wongolo. Ce dernier qui a écopé d’une mise à pied de 10 jours a discrètement repris du service début juin, après avoir, selon nos informations, présenté par écrit des excuses au président Marcel Niat Njifenji. Outre ce haut responsable qui bénéficie d’une délégation de signature depuis la mise en congé prolongé du titulaire du poste, le secrétaire général Michel Meva’a m’Eboutou, qui, en raison de ses ennuis de santé a été déclaré en incapacité de travailler depuis un an, les bureaux de l’agence comptable et de la direction du budget et de la solde, scellés pendant l’audit, ont rouvert.
A l’ouverture de la dernière session au Sénat, début juin, Marcel Niat Njifenji a assuré que tout était mis en œuvre pour un retour à l’orthodoxie financière dans cette chambre du Parlement. Mais, pour l’instant, rien n’a filtré sur les suites données à cette affaire.



