Au Cameroun, les exportations formelles d'or (47,8 kg pour une valeur de 1,8 milliard de Fcfa), ont été largement dépassées par les exportations illégales (4,8 tonnes), pour 279 millions USD ( soit 189,2 milliards de Fcfa), en 2022. Selon le récent rapport de l'ITIE, ces exportations illégales ont principalement eu pour destination les Émirats Arabes Unis (4,7 tonnes) et le Rwanda (0,1 tonne). Cette disparité, environ 100 fois supérieure aux exportations légales, souligne une perte significative de revenus pour l'État.
Ce phénomène n'est pas nouveau au Cameroun. En 2021, le pays a exporté illégalement 4,92 tonnes d'or, pour une valeur de 312 millions USD (189,2 milliards Fcfa), contre seulement 72,77 kg d'exportations légales, alors que la production nationale déclarée était d'environ 353 kg. Cela avait fait du Cameroun le 74e plus grand exportateur d'or au monde, l'or étant le cinquième produit le plus exporté. Les principales destinations étaient les Émirats Arabes Unis, le Rwanda, la Turquie, la Belgique et le Canada. Selon l'ITIE, « cette situation est attribuée à la porosité des frontières, au manque de réglementation dans l’industrie artisanale et semi-mécanisée et à un taux de droits de sortie élevé ».
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Dans le détail, les exportations formelles d'or ont représenté environ 5,56 % de la production totale déclarée par la Sonamines (859,92 kg) en 2022, après prélèvement de l'Impôt Synthétique Minier Libératoire (ISML). Les exportateurs légaux d'or camerounais incluent Détail Soulemanou Oumarou (20,9 kg), Providence Commodities Limited (18,7 kg), Etoile Cameroun (2,5 kg), Afrique Metal (2,1 kg), HAB SA (1,723 kg), DC Trading Ltd (1,2 kg), Salt Trading Company (SALTRACO) (470 g) et Afric Prefa Mining B.SL (45 g). La destination principale de ces exportations a été Dubaï aux Émirats Arabes Unis, à l'exception de DC Trading Ltd qui a exporté vers Washington et Afric Prefa Mining B.SL qui a exporté vers le Portugal. Ces informations sont issues du récent rapport de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE).
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Cet écart révèle des failles importantes dans le système de traçabilité et de contrôle des exportations d'or au Cameroun. Selon l'ITIE, l'informalité du secteur minier artisanal contribue à cette situation, rendant difficile la surveillance des activités et la collecte des taxes. Pour lutter contre ce phénomène, on se souvient qu’en 2021, le gouvernement avait adopté un certain nombre de mesures visant à renforcer les contrôles aéroportuaires et la coopération régionale, tout en cherchant à formaliser le secteur artisanal et à prélever directement les droits de sortie. Ces mesures incluent la création de la Sonamines en décembre 2020, avec pour compétence l'exclusivité de l'achat et de la commercialisation de l'or et du diamant, ainsi que la création du Comité chargé de l'expertise et de la détermination de la valeur marchande des substances minérales saisies sur le territoire camerounais.
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