Au Cameroun, la Société nationale des mines (Sonamines) vient d’engager des concertations avec les acteurs institutionnels intervenants dans les opérations d’achat, de vente, de transit et d’exportation des substances précieuses et semi-précieuses dans l’optique de mettre en place un cadre harmonisé susceptible de garantir la traçabilité des transactions, la lutte contre la fraude et la maximisation des recettes pour l’Etat. Ces rencontres cadrent avec la stratégie de l’entreprise, adossée sur la formalisation et la structuration entière de la filière d’achat et de commercialisation de l’or afin de réduire significativement, voire d’éliminer la fraude. L’objectif poursuivi est de renforcer la contribution du secteur aurifère dans l’économie – il pèse aujourd’hui moins de 1% du Pib du Cameroun.
Ainsi, pour la phase pilote de mise en œuvre de cette stratégie, une provision de 5 milliards de Fcfa a été inscrite dans le budget de la Sonamines pour l’exercice 2025, sur une enveloppe budgétaire globale de 9 milliards de Fcfa. Ces ressources ont vocation à permettre à cette entreprise de patrimoine en charge du secteur minier, d’exercer efficacement son droit de préemption sur l’achat de la production des exploitations artisanales semi-mécanisées de substances précieuses et semi-précieuses au profit de l’Etat, conformément à l’article 26 de la loi du 19 décembre 2023 portant Code minier.
Unité d’affinage
L’Etat voudrait en effet, à travers l’exercice de cette prérogative, accélérer la monétisation de l’or et renforcer ses réserves d’or stratégiques. La Sonamines travaille ainsi actuellement à maîtriser les circuits d’achats et d’approvisionnement de l’or afin de minimiser l’impact des réseaux informels et réduire la spéculation sur les prix de ce métal précieux, à optimiser les opérations d’achat et de commercialisation, et, enfin, à développer une politique de veille et de pénétration des marchés de négoce de l’or dans le monde. L’un de ses défis immédiats étant de finaliser son projet de mise en place d’une unité d’affinage d’or devant être partie intégrante de la chaîne de valeur destinée à valoriser l’or 24 carats – le Cameroun disposait de 500 kg de réserves dans cette gamme en 2023 -, la commercialisation de l’or à l’international ne pouvant se faire que sous forme affinée.
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Le Cameroun, à travers la Sonamines, a l’ambition de se positionner dans tous les grands centres de négoce d’or dans le monde, afin d’en tirer le meilleur parti. Il vise dans cette perspective une présence sur tous les segments de marché, de manière à obtenir des contrats lui permettant d’écouler son or à de meilleurs prix et à des conditions basées sur le modèle « ventes en état futur d’achèvement » pratiqué dans l’immobilier. « Ce sont les paiements faits à l’avance par les clients qui permettront de financer les opérations d’achats de leurs commandes », souligne le directeur général de la Sonamines, Serge Hervé Boyogueno.
Dans cette optique, il sera question, en termes d’actions : de prospecter les marchés nationaux et internationaux à la recherche de fournisseurs d’une part et de clients d’autre part ; de prospecter les marchés financiers et aurifères nationaux, régionaux et internationaux pour la mobilisation des financements en vue de rendre pérennes les opérations d’achat et de commercialisation de l’or… Etant entendu que 11,7 tonnes d'or sont sorties du Cameroun en 2017 de manière frauduleuse, selon Interpol. Et sur les 10 dernières années, le Cameroun en a collecté et acheté 730. L’apport de la Sonamines en trois ans représente 630 kg.



