Au Cameroun, l'année 2022 a été marquée par une croissance exponentielle de la contribution du secteur extractif au Produit Intérieur Brut (PIB) national. Ce dernier a grimpé à 6,29 %, représentant une valeur de 1 740,0 milliards de Fcfa, contre 2,20 % en 2020, représentant une valeur de 517,0 milliards de Fcfa. Cette augmentation, de plus de 1200 milliards de Fcfa en 3 ans, dévoilée dans le récent rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), s'explique notamment par une augmentation des prix des matières premières, malgré une baisse de la production des hydrocarbures et le développement progressif du secteur minier. « En 2022, le PIB nominal du Cameroun a atteint 27 662 milliards de Fcfa, enregistrant une hausse de 10,82 % par rapport à 2021 (24 960,5 milliards de Fcfa). La contribution du secteur extractif au PIB a progressé, passant de 3,70 % en 2021 à 6,29 % en 2022. », précise le rapport.
Bien qu’affectée en 2020 par divers facteurs, tels que la pandémie de COVID-19 et la fluctuation des prix des matières premières sur le marché international, la contribution du secteur extractif au PIB est évolutive au Cameroun depuis la reprise.
Les hydrocarbures, moteur de la croissance
L'extraction d'hydrocarbures demeure un moteur essentiel de la croissance du secteur extractif camerounais, par conséquent dans l’amélioration de sa participation au PIB. Entre 2020 et 2022, la valeur de cette extraction a connu une augmentation remarquable, passant de 477,1 milliards de Fcfa à 1 698,0 milliards de Fcfa. Cette hausse significative s'explique principalement par la forte augmentation des prix du pétrole sur les marchés internationaux durant cette période. Toutefois, il est important de noter que cette croissance en valeur s'est produite malgré une légère diminution de la production pétrolière, qui est passée de 26,00 millions de barils en 2020 à 24,95 millions de barils en 2022. Cette baisse de production, estimée à environ 2,58 % entre 2021 et 2022, est attribuable au vieillissement des champs pétrolifères et aux conditions opérationnelles complexes du secteur, tel que dévoilé par les principaux producteurs comme SNH, Perenco ou Addax.
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En parallèle, à l’extraction des hydrocarbures, le secteur minier camerounais a connu un essor notable en 2022, marqué par l'attribution de permis et la signature de conventions minières, suite à la création de la Société nationale des mines (Sonamines) en 2021, bras séculier de l’Etat. Des investissements significatifs ont été réalisés dans des projets majeurs comme le fer de Kribi-Lobe (6 milliards de Fcfa de la part de Sinosteel dans la recherche), Bipindi-Grand Zambi (avec 50 millions de dollars investis par G-Stones dans la recherche) et Mbalam-Nabeba (avec 156 millions de dollars investis dans la recherche), ainsi que dans l'or et la bauxite et bien d’autres projets. Malgré la prédominance de l'exploitation artisanale, la production d'or a bondi à 859,92 kg, estimée à 27,45 milliards de Fcfa (contre 353,63 kg en 2021), avec Batouri comme principal centre de production. Des facteurs ayant contribué à l’amélioration de la contribution du secteur extractif au PIB au Cameroun en 2022.
Malgré son potentiel, le secteur extractif camerounais contribue faiblement à la richesse nationale comparé à des pays similaires. Au Gabon, ce secteur représente 30,25 % du PIB, et en RDC, 76,4 % de la croissance du PIB. En comparaison, la contribution du secteur extractif ivoirien au PIB est de seulement 3,4 %, avec des revenus pétroliers et miniers représentant respectivement 2,16 % et 3,36 % des recettes budgétaires. Bien que le Cameroun dépasse la Côte d'Ivoire en termes de contribution, il reste en deçà des performances du Gabon et de la RDC.
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