L’État du Gabon a annoncé ce 7 mars 2025 avoir clôturé avec succès son emprunt obligataire par appel public à l’épargne en mobilisant 80,065 milliards FCFA auprès des investisseurs de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Dénommée « EOG Multitranches II 2024-2030 », cette opération, lancée le 27 novembre 2024 visait à mobiliser 80 milliards FCFA. Les résultats de ce jour permettent de constater que le pays a réalisé une sursouscription de 65 millions de FCFA à fermeture des ordres. Le communiqué publié ne précise pas si le Trésor public s’est contenté de l’initial ou a empoché la totalité de l’enveloppe proposée.
« Le succès de cet emprunt obligataire témoigne de la confiance renouvelée des investisseurs dans la solidité financière du Gabon et dans ses perspectives de développement », peut-on lire. L’opération était arrangée par BEM Securities comme arrangeur et chef de file, accompagné de ASCA, Afriland Bourse, Horus Capital et EDC Investment, la franchise d’ETI (Ecobank) dans la CEMAC en charge des opérations de marché.
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La cartographie des souscriptions permet de constater que les investisseurs n'ont pas voulu prendre de risque sur les titres de longue maturité, pourtant mieux rémunérés. La tranche A, adossée à un taux d'intérêt de 6,60% sur 3 ans a mobilisé 66,24 milliards FCFA, soit 82,74% du total. Les tranches B et C, respectivement rémunérés à 6,75% (4 ans) et 7% (6 ans) ont permis au Gabon de lever 356 millions FCFA et 13,47 milliards FCFA. La répartition géographique effectuée par le consortium d’arrangeurs renseigne que ce sont les investisseurs camerounais qui ont massivement participé à cette levée de fonds avec 62,5 milliards FCFA injectés dans la cagnotte, soit 78,1% du total. 19,6% a été mobilisé au Gabon et le reste au Congo (1,97%) et au Tchad (0,31%).
Il faut préciser que pour attirer les investisseurs sur cette opération, Libreville a accordé une prime de 300 FCFA par titre souscrit ce qui représente une plus-value supplémentaire en plus des intérêts annuels que cette dette va générer. Le Gabon a également été chahuté par la Cobac qui, en octobre 2024 a sanctionné le pays, suite au non-respect des critères de convergence et de surveillance multilatérale (inflation, dette, déficit public…). Le gendarme bancaire a en effet décidé d'appliquer une pondération de 100% sur les titres publics gabonais. Ça signifie que les banques qui souscrivent à son emprunt obligataire sont appelées à constituer en fonds propres l'équivalent du montant souscrit sur toute la durée de vie du titre. Le 13 novembre, le Gabon a demandé à la COBAC de reconsidérer sa décision "compte tenu des contraintes budgétaires encourues". Le pays a par ailleurs sollicité une "exemption temporaire" pour la période allant de novembre à décembre 2025. On ignore si cette requête a trouvé un avis favorable du gendarme, mais il aurait été difficile pour le Gabon de lever de la dette dans ces conditions.
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Avec l'argent collecté, l'exécutif ambitionne de financer une partie de son Plan National de Développement pour la Transition (PNDT) mis en place pour impulser des projets structurants et à fort impact sur le développement socio-économique du pays entre 2024 et 2026. Plusieurs projets d'infrastructures sont inscrits dans le cadre de ce plan triennal, dont la construction de logements sociaux, la construction/réhabilitation du réseau routier et des voiries, la réhabilitation des 10 aéroports provinciaux ; la création d'une nouvelle compagnie aérienne nationale… Une autre partie a également servi à titriser une partie de la dette intérieure apprend-t-on.
« Des créances commerciales d’un montant 30 milliards de FCFA ont fait l’objet d’un apurement en numéraires (12,4 milliards de FCFA) et par conversion en titres obligataires (17,6 milliards de FCFA) », renseigne le communiqué annonçant les résultats. Précisons que pour 2025, le Gabon a prévu d’emprunter 978 milliards de FCFA sur le marché régional de la dette cette année, malgré les défis en matière de gestion des finances publiques qui émaillent le fonctionnement de l’exécutif de Transition.

