En quête de relais de croissance, le groupe britannique Vodafone accélère son plan d’expansion panafricain. Le groupe, dont le siège est basé à Londres, s’apprête à poser ses valises dans une dizaine de nouveaux pays africains, à travers sa filiale sud-africaine Vodacom, qu’il contrôle à 64,5%. « Une expansion géographique ciblée impliquant des partenariats stratégiques et une entrée préparée dans une dizaine de nouveaux marchés prolifiques comme l’Ethiopie, la Maurice, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Congo, l’Angola, le Sénégal entre autres, favorisera l’exécution des différentes parties (clientèle, services, chiffre d’affaires) […] cela est de bonne augure pour cette prochaine période (2025-2030) », peut-on lire dans le rapport d’activité du 1er trimestre 2025, publié le 19 mai dernier.
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Cette avancée s’inscrit dans le cadre de son plan de développement « Vodacom 2030 » dont l’objectif est de doubler la base de clients mobiles de l’entreprise et de renforcer sa présence dans les services financiers numériques. En effet, Vodacom ambitionne d’étendre son empreinte continentale afin d’atteindre, d’ici 2030, un parc global de 260 millions de clients mobiles (+152% par rapport à 2024) et 120 millions d’utilisateurs de ses services financiers numériques (+36,36%), tels que M-Pesa (sa filiale dédiée au mobile money). Pour ce faire, le groupe entend investir en moyenne 200 à 250 millions de dollars US pour réaliser ce plan d’expansion ; des fonds mobilisés auprès de ses partenaires habituels (Vodafone, Safaricom, Banque mondiale etc) et de nouveaux investisseurs. Des opérations sur le marché financier international sont aussi en projet.
Concurrence féroce
Les marchés que Vodacom cible sont pour la plupart des bastions historiques de ses principaux rivaux qui ne sont autre que son compatriote MTN et le français Orange. Au Cameroun par exemple, l’ART (Agence de régulation des télécommunications) indique que le marché des télécoms est dominé par ces deux opérateurs MTN et Orange à 98,5%. En Côte d’Ivoire, Orange et MTN contrôlent le secteur avec respectivement 47,5% et 27,3% de parts de marché (ART CI, 2023). Au Congo Brazzaville, les parts d’Orange ne sont pas quantifiées au niveau de l’Agence de régulation des postes et télécommunications (Arpce), mais celle-ci souligne que MTN est leader du marché avec 60% de parts dans le mobile. L’opérateur français domine le marché sénégalais avec 56% des parts dans le mobile et 62,4% dans le segment internet, selon le rapport 2024 de l’ARTP (Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes).
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Selon Shameel Joosub, patron de Vodacom, la mise en œuvre du plan d’expansion devrait permettre non seulement de booster le parc d’abonnés du groupe en Afrique mais également porter à 30% la contribution de sa branche Fintech à son chiffre d’affaires annuel à l’horizon 2030. Sur les marchés où il est déjà actif (7 pays), Vodacom déclare enregistrer des transactions d’une valeur moyenne quotidienne de 1,2 milliard de dollars. Pour le compte du dernier exercice comptable clos au 31 mars 2025, l’opérateur sud-africain revendique un volume de transactions atteignant 451 milliards de dollars (+18,3%, en glissement annuel). Malgré cette progression, les services financiers de Vodacom n’ont représenté que 11,6% du chiffre d’affaires trimestriel, soit 14,02 milliards de rands (environ 784 millions USD).
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