La compagnie minière australienne Tusker Minerals a obtenu un avis favorable du Comité interministériel camerounais pour l’attribution de 21 permis de recherche couvrant environ 9 152 km², dans le cadre de son projet Central Rutile. L’annonce a été faite dans un communiqué publié ce 30 octobre 2026. La délivrance des arrêtés ministériels reste toutefois subordonnée à la transmission de documents administratifs, fiscaux et statutaires actualisés, ainsi qu’à la signature des contrats de recherche requis.« La recommandation du Comité […] constitue une étape importante pour Tusker et pour notre stratégie dans le secteur du titane au Cameroun », a déclaré Cliff Fitzhenry, directeur général de la société. Il précise que les travaux antérieurs d’échantillonnage des sols et de sondages constituent une première base d’identification et de hiérarchisation des cibles d’exploration. La finalisation du traitement et de la validation des échantillons demeure, selon lui, une priorité opérationnelle.
Les 21 demandes recommandées concernent les blocs Kombo, Boundé, Alamba, Biyan, Nlong, Awae, Ayene II, Assi, Bissoua II, Soleye, Soleye W, Ayene, Matomb, Makak, Mapan, Nganda, Lobo, Lipombe, Dibang, Nkolbot Konanga et Okola, situés dans la région du Centre. Avec le bloc Nsimbo, déjà attribué, le projet Central Rutile compte au total 22 blocs, pour environ 9 152 km². Ce portefeuille intègre également les actifs de Yaoundé West, acquis en décembre 2025. Les travaux réalisés jusqu’ici sont essentiellement des opérations de reconnaissance géologique. Les échantillons prélevés sont actuellement traités dans le laboratoire de minéraux lourds de la société à Yaoundé, avec l’appui technique de Mineral Technologies.
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Ces nouveaux permis s’ajoutent à un portefeuille déjà constitué dans le bassin sédimentaire de Douala, où Tusker dispose de trois permis de recherche attribués : Mungo (483 km²), Mbanga (468 km²) et Edéa Sud (440 km²), soit 1 391 km² au total. Ces titres sont actuellement soumis à renouvellement. Trois autres demandes, portant sur Maleke (491 km²), Diwong (484 km²) et Mbongo (214 km²), restent en instruction. Au total, le projet Douala Basin représente un portefeuille de 2 580 km², demandes comprises. La société poursuit également l’évaluation technique de Diwong South, où elle a annoncé en juillet 2026 un objectif d’exploration estimé entre 2,1 et 2,6 milliards de tonnes de sables à minéraux lourds, pour une teneur en minéraux lourds totaux comprise entre 2,1 % et 2,3 %. Au-delà du Cameroun, Tusker est présente au Malawi, dans les minéraux critiques.
Cette avancée intervient dans un contexte de repositionnement du secteur minier camerounais, dont les autorités entendent accroître la contribution à l’économie nationale. Selon la Banque mondiale, le secteur représentait encore environ 0,2 % du PIB et moins de 0,1 % des recettes publiques en 2025, malgré l’importance du potentiel géologique national. Le rutile figure parmi les substances identifiées dans cette stratégie de diversification. Sur ce segment, Tusker n’est pas seule. L’australien Lion Rock Minerals développe notamment le projet de rutile de Minta, dans la région du Centre, avec le soutien stratégique de l’américain Tronox, entré à son capital en octobre 2025 pour 8,6 millions de dollars australiens, soit une participation d’environ 5 %.
Cette opération s’accompagne d’un partenariat technique et commercial autour du développement du projet. Pour Tusker Minerals, l’enjeu immédiat est désormais la concrétisation des autorisations administratives, la validation des résultats d’exploration et la définition de cibles susceptibles de soutenir les prochaines phases de travaux.












