La Banque des états d’Afrique centrale (Beac) vient de publier sa « Stratégie régionale d’inclusion financière dans la Cemac 2025-2029 », compilant des données d’une enquête menée en 2022 par la Banque mondiale. Il en ressort que, le déficit de financement des micros, petites et moyennes entreprises a atteint 8,7 milliards de dollars au Cameroun, soit près de 5 529 milliards de Fcfa selon la valeur actuelle du change. Ce besoin qui correspond à 30% du PIB actuel du pays continue de se creuser selon la Banque centrale du fait de la « prédominance des services de crédit et d’épargne informels comparée aux services formels ».
La Banque centrale indique que cette disparité entre les ressources financières dont dispose le pays et le besoin de financements des PME pour atteindre le niveau de viabilité requis pour contribuer à la croissance économique est favorisée par une inadéquation entre les besoins et l’offre de services financiers formels. En effet, au Cameroun, la pénétration du crédit formel auprès des PME et populations est inférieure à 10% pour un taux de bancarisation établi à 31%. Dans la même dynamique, l’épargne formelle ne fait pas l’unanimité avec une pénétration estimée à 11% contre près de 35% pour les tontines et 32% pour l’épargne au sein de la famille.
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Climat des affaires difficile
L’accès au financement est un problème décrié par près de 100% des PME camerounaises. Selon le rapport 2023 de la situation économique des entreprises locales publié par le ministère de l’Economie, 91% jugent les taux d’intérêt trop élevés et 59% dénoncent les conditions restrictives imposées par les banques. Ces deux points sont caractéristiques de la retenue des banques commerciales en ce qui concerne le risque et se justifieraient par la dégradation continue du portefeuille des créances en souffrance (en attente de remboursement) dont le volume a dépassé 1 milliard de dollars en fin 2021 pour atteindre 1,2 milliard de dollars (exactement 774,1 milliards de Fcfa) à fin juin 2024.
Outre le problème de financement, les PME camerounaises évoluent dans un environnement entrepreneurial contraignant avec des obstacles opérationnels au développement d’entreprises locales. Selon le même département ministériel, 87% des entrepreneurs du secteur industriel signalent des difficultés d’accès à l’électricité tandis que 78% des PME agroalimentaires rencontrent des difficultés avec la disponibilité de l’eau. Dans leur grand ensemble, 92% des PME camerounaises enregistrent des pertes dues à l’état des routes et 75 % d’entre elles rencontrent des problèmes liés à l’accès aux services numériques.
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A noter que, la conséquence de ce déficit de financement est la baisse significative du nombre d’entreprises créées, marquée en 2024, par une diminution de 34,4% par rapport à l’année précédente. Selon le Premier ministre camerounais, seules 12 875 entreprises ont vu le jour au cours de l’année écoulée, contre 19 651 en 2023. Celles-ci affichent une répartition sectorielle déséquilibrée : 82,2% dans le tertiaire, 15,63% dans le secondaire et 0,17 % dans le primaire. Malgré cette diminution, les PME créées ont contribué à la création de 34 558 nouveaux emplois, représentant 98% du tissu économique en 2024.

