Le ministre d’Etat, ministre de la Justice et Garde des Sceaux du Cameroun a publié le 22 août dernier, une série de décisions portant révocation de 11 fonctionnaires des greffes. Selon les textes de Laurent Esso, ces agents avaient déserté leurs fonctions sans autorisation ni justification valable depuis 2015 pour certains, en violation flagrante des règles qui régissent la fonction publique judiciaire. Leur comportement, jugé incompatible avec les exigences de rigueur et de disponibilité qu’impose le service public de la justice, a conduit à cette mesure disciplinaire.
Cette décision s’inscrit dans la politique de moralisation et de redressement engagée depuis quatre ans au sein du ministère de la Justice. Elle vise à rappeler aux personnels judiciaires leur obligation de présence et de diligence, dans un contexte où les usagers des tribunaux dénoncent régulièrement des lenteurs et des dysfonctionnements dans le traitement des dossiers.
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En décembre 2021, Laurent Esso avait déjà révoqué une vingtaine de fonctionnaires des greffes. Des sources proches du ministère indiquent que la tutelle entend aller plus loin, en multipliant les contrôles inopinés dans les juridictions du pays afin de s’assurer de la discipline et du respect des obligations professionnelles par l’ensemble des greffiers et magistrats. Des mesures similaires devraient s’étendre très bientôt à certains magistrats dont les dossiers disciplinaires attendent d’être soumis au Conseil supérieur de la magistrature qui n’a plus siégé depuis 5 ans.
Pour rappel, la révocation constitue la sanction la plus grave dans la fonction publique camerounaise; elle entraîne la perte définitive du statut de fonctionnaire, sans possibilité de réintégration. Sur le plan global, le gouvernement du Cameroun a révoqué près de 5000 fonctionnaires depuis 2020.
Jean Omer Eyango

