Avant d’être renationalisé en mai 2026 sous le nom de Société camerounaise d’électricité (Socadel), l’ancien concessionnaire Energy of Cameroon (Eneo) a subi un manque à gagner estimé à 1,4 milliard FCFA, selon le rapport 2025 de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel). En cause, un réseau de fraude d’un genre « inédit », fondé sur de « faux tokens », qui a été démantelé et a principalement sévi à Yaoundé et à Douala. Le régulateur fait état de 4 814 cas détectés, concernant 4 362 clients actifs.
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À noter que sur les compteurs à prépaiement, le token est le code à 20 chiffres que l’abonné saisit pour recharger son compteur en kilowattheures (kWh). Selon le régulateur, ce réseau permettait à des clients non éligibles de bénéficier indûment de tarifs préférentiels.
La fraude et les contestations qui l’entourent pèsent lourd dans l’activité du régulateur. À en croire l’Arsel, ces litiges représentent 55,07 % des 1 609 requêtes enregistrées en 2025, contre 73,14 % des 3 145 requêtes reçues en 2024. Dans le détail, 886 contestations de factures pour fraude ont été recensées en 2025, et Eneo a transmis 846 éléments de preuve, sous forme de vidéos de constats. Sur les 418 dossiers clos, 49,8 % ont débouché sur des irrégularités avérées, contre 24,2 % pour lesquels elles n’ont pas été établies.
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Pour lutter contre ces pratiques, le régulateur indique avoir engagé plusieurs actions : sécuriser le système de facturation, restreindre l’accès aux tarifs préférentiels et renforcer le suivi des opérations sensibles. Ses investigations ont également mis au jour plusieurs dysfonctionnements sur les compteurs prépayés, distincts des fraudes aux faux tokens : des surfacturations dues à des bugs applicatifs, qui ont touché plus de 60 000 abonnés ; des reclassements tarifaires opérés sans en informer les usagers ; et des irrégularités dans le transfert des dettes lors des migrations vers le prépaiement.
« L’intervention du Régulateur a permis d’instruire la correction de ces anomalies et de renforcer la protection des consommateurs face à des pratiques non conformes », affirme l’Arsel. Reste à savoir si ces mesures permettront de réduire les pertes liées à la fraude électrique. Selon une estimation attribuée au ministère de l’Eau et de l’Énergie, celle-ci coûterait chaque année quelque 60 milliards FCFA au secteur. Un montant dont la méthode de calcul et l’année de référence restent à préciser.
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