Au Cameroun, s’il est vrai que l’année 2024 n’est pas encore arrivée à son terme, les chiffres présentés par le Premier ministre Joseph Dion Ngute laissent présager que la production nationale de viande va baisser de 29,72%. Passant en effet de 310 000 tonnes de viande produites en 2023 à 238 960 tonnes un an après, soit une baisse de 71 048 tonnes.
Lire aussi : Cameroun : portée par la filière caprine, la production nationale de viande atteint 310 000 tonnes en 2023 (rapport)
D’après le document du programme économique, financier, social et culturel du gouvernement, cette contreperformance est principalement attribuable à la filière bovine. Celle-ci a essuyé une diminution de 35 869 tonnes de viande soit une production de 94 300 tonnes en 2024 contre 130 000 un an avant. Cette filière qui est très souvent le garant de la bonne tenue du secteur de viande au Cameroun en ayant à elle seule franchi la barre des 100 000 tonnes de production.
De manière générale, il faut dire que la filière bovine a entraîné avec elle les autres filières dans sa chute. Notamment la filière volaille dont la production est passée de 65 312 tonnes en 2023 à 50 836 tonnes un an après (-14 474 tonnes) ; suivie de la filière porcine qui a enregistré une baisse de 9 759 tonnes soit 39 676 tonnes de viandes produites au cours de l’année contre 49 435 tonnes en 2023 ; la filière caprine avec 28 885 tonnes produites contre 38 564 un an avant (-9 679 tonnes) ; et la filière ovine avec 22 263 tonnes de viandes contre 25 649 tonnes en 2023 (-3 386 tonnes).
Lire aussi : Produits de grande consommation : Les prix du Kg de viande bovine revue à la baisse dans la région du Nord
A noter que cela fait 3 ans que le secteur de viande n’avait plus connu une baisse de sa production. En 2020, on tablait sur une chute d’environ 40% prédominé par la baisse de la viande de volaille (en chute de 76%) du fait de la suspension de la délivrance des avis techniques d’importation des œufs à couver due à la pandémie du coronavirus. Il s’agit tels que des intrants, les œufs à couver et les poussins d’un jour majoritairement issus des importations.
Une usine d’abattoir de viande pour doper la filière
Pour relever le secteur de viande au Cameroun, précisément celui de la filière bovine, le gouvernement a mis sur pied depuis quelques années un programme de développement des chaînes de valeur d’élevage et de la pisciculture. Financé par la Banque africaine de développement, celui-ci ambitionne de doter le Cameroun d’une chaîne d’abattage industrielle afin d'augmenter la production du pays en viande mais également contribuer au renforcement des capacités et de la compétitivité des acteurs des filières bovine, porcine et poisson. Pour l’heure, le pays ne dispose que de 3 abattoirs industriels de viande dans les villes de Yaoundé région du Centre, Ebolowa région du Sud et Ngaoundéré région de l’Adamaoua. Le prochain sera mis sur pied fin 2025 à Bamenda au Nord-Ouest du pays.
Lire aussi : Filière bovine: le cheptel Camerounais sous la menace d'un virus en provenance du Nigéria

