Le gouvernement camerounais entend alléger la fiscalité pesant sur les produits avicoles dans les prochaines années, en réponse aux revendications de l’Interprofession avicole du Cameroun (IPAVIC). Selon le Pacte AgriConnect, « le précompte de 10 % sur les achats de maïs local, de poussins d’un jour et de matières premières prioritaires sera aboli dès la Loi de finances 2028 ».
Pour les acteurs du secteur, la Direction générale des impôts (DGI) a instauré ce précompte pour collecter un impôt qui lui échapperait autrement.
De nombreux producteurs de maïs, éleveurs de poussins d’un jour et autres fournisseurs évoluent en effet dans l’informel ou ne disposeraient pas d’un Numéro d’identifiant unique (NIU). « La DGI procède donc par un prélèvement à la source de leurs impôts par un organisme structuré qui va prélever 10 % de son prix de vente HT de ce maïs, poussin d’un jour, etc., qu’il devra par la suite reverser à l’administration fiscale. Il va sans dire que ce précompte renchérit le coût d’acquisition de cette matière première que l’acheteur va être incité à répercuter aux consommateurs finaux, ce qui va à l’encontre de la lutte contre la vie chère », explique un acteur du secteur.
Sa suppression pourrait présenter plusieurs avantages : un allègement des coûts de production pour les éleveurs, une trésorerie moins sollicitée, un encouragement à l’achat de maïs local plutôt qu’importé et une meilleure compétitivité de la production nationale. La mesure est annoncée dans un contexte où la production de maïs, principale matière première de la provende, est passée de 1,98 million de tonnes en 2020 à 2,36 millions en 2024, alors que les besoins du marché sont estimés à environ 2,8 millions de tonnes par an. Le pays recourt aux importations pour combler ce déficit : en 2025, elles ont atteint 72 586 tonnes, pour 10,2 milliards de FCFA (– 7,8 %).
Yaoundé envisage d’ailleurs de suspendre ces importations afin de protéger les producteurs locaux, confrontés à des difficultés d’écoulement de leurs récoltes.
En mai dernier, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a demandé « la suspension, jusqu’à nouvel avis, de la délivrance des permis d’importation » de maïs, ainsi que « la suspension des importations en cours », au titre de « mesures de sauvegarde ». Le gouvernement avait évoqué « les importations massives du maïs, qui contrastent avec la mévente de la production locale ».
Reste à savoir si, l’allègement fiscal une fois entériné, les prix se stabiliseront pour les consommateurs de viande de volaille et d’œufs. Un œuf se vend jusqu’à 100 FCFA dans plusieurs villes, contre 75 FCFA il y a quelques années, et les clients sont parfois contraints d’acheter trois œufs pour 250 FCFA ou six pour 500 FCFA. Le poulet n’est pas en reste : il peut atteindre 10 000 FCFA selon la taille et la période. Le gouvernement entend par ailleurs créer une ferme de grands-parentaux avicoles de 5 000 sujets, opérationnelle d’ici 2028, afin de couvrir 90 % de la demande nationale en poussins d’un jour d’ici 2030.









