Un consortium d’entreprises irlandaise et britannique est sur le point de racheter une part majoritaire (environ 70,34%) de la Société Phocéenne de Participations (SPP), holding du Groupe Bourbon. La Commission de la concurrence de la CEMAC a récemment annoncé la mise en examen de ce projet commun d’acquisition, en raison de la présence effective du groupe français de fournitures de services logistiques navires maritimes et sous-marins pour l’industrie de l’énergie offshore dans les Etats de la zone CEMAC.
« La présente publication est faite conformément aux dispositions du Règlement n°06/19 UEAC-639-CM-33 du 07 avril 2019 pour l'application des règles de la concurrence. Les personnes et les entreprises intéressées disposent d'un délai de 14 jours pour faire valoir auprès de la Commission, leurs observations écrites sur le projet de concentration », peut-on lire dans le communiqué publié le 12 septembre dernier et signé par Seli Ngabo Mbogo, Commissaire en charge des marchés communs de la CEMAC.
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Plus précisément, les repreneurs sont deux holdings d’investissement et de gestion d’actifs : Oakview Capital L6 DAC (Irlande) et CF BM UK Holdings Ltd (Royaume-Uni). Celles-ci ambitionnent d’acquérir un contrôle majoritaire sur SPP et ses sociétés affiliées, dans le cadre d’une restructuration financière de ladite société. Selon un communiqué de l’autorité régionale de la concurrence de la CEDEAO, l’objectif visé est de stabiliser et de recapitaliser le Groupe Bourbon afin d’éviter la liquidation et de permettre la poursuite de ses activités de services offshore.
En effet, Bourbon annonçait, en mai 2022, la fermeture de sa succursale camerounaise, capitalisée à 8,025 millions d’euros, « suite au constat de la fin des activités et de la transmission du patrimoine de ladite succursale à la maison-mère à Marseille, en France ». Cependant à l’heure actuelle, la multinationale continue de compter le Cameroun parmi ses pays d’implantation avec filiale et opère depuis le début de l’année pour le compte de l’italien ENI. En juillet dernier Bourbon a annoncé avoir fourni à ENI 6 bateaux d’équipage (Crewboats) pour un contrat multiannuel de 5 ans dans le cadre du projet Congo GNL.
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Le groupe qui revendique une présence dans 37 pays (dont le Cameroun, le Congo et le Gabon), avec une flotte de 223 navires et un chiffre d’affaires de 733 millions d’euros à fin 2024, a engagé la procédure de cession en avril afin de rétablir la continuité opérationnelle. Validée en juillet dernier, successivement par les Commission française, namibiennes et malawites, l’opération reste encore en attente des approbations des commissions de la CEMAC et de la CEDEAO. Si elle est achevée, l’opération permettrait d’empêcher la liquidation et la sortie du marché du Groupe Bourbon mais également de "préserver les emplois et assurer la continuité des services de soutien offshore critiques au secteur pétrolier et gazier dans les pays où Bourbon est présent", selon les objectifs contenus dans le projet d'acquisition.

