Les avoirs extérieurs nets de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) ont atteint 3 693,5 milliards FCFA (5,63 milliards d’euros) à fin décembre 2024, en progression de 14,1 % sur un an, selon le rapport 2024 de l’institut d’émission commun aux six Etats de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Cette évolution marque un net redressement par rapport à 2023, où la hausse n’était que de 1,7%. Cette amélioration témoigne d’un retour progressif à l’équilibre des comptes extérieurs dans un contexte de reprise des exportations et de relative stabilité des politiques budgétaires des États membres.
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Dans le détail, la progression des avoirs extérieurs nets de la BEAC résulte d’une augmentation des avoirs en devises gérés par la Salle des marchés (+17,6%) et un léger rebond du Compte d’opérations auprès du Trésor français (+1,2%). Pays par pays, la dynamique reste contrastée. Le Cameroun, principal contributeur régional, a vu ses avoirs extérieurs nets croître de 15,4% à 1 964, 6 milliards FCFA en 2024 après une contraction de 16,1% l’année précédente. Le Tchad (438,1 milliards FCFA, +618,5%) et la République centrafricaine (23,69 milliards FCFA, +657,8 %) affichent les plus fortes hausses, traduisant probablement des effets de base favorables ou un recentrage budgétaire. À l’inverse, le Congo (-10,7 milliards FCFA, -132,5%) et la Guinée équatoriale (475,7 milliards FCFA, -32,5%) accusent des replis notables, qui pourraient signaler une pression persistante sur leurs comptes extérieurs.
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Cette embellie récente contraste avec les tendances observées au premier semestre 2024, période marquée par un fléchissement des réserves. Selon le FMI, les avoirs extérieurs nets s’élevaient alors à 2 905,8 milliards FCFA (4,43 milliards d’euros), en repli de 0,89 % sur un an et en dessous de l’objectif régional de 4,5 milliards d’euros. Ce ralentissement a été attribué à la baisse des prix du pétrole — principale source de devises pour la zone — et à des tensions budgétaires récurrentes. En parallèle, les rétrocessions en devises des entreprises extractives ont chuté de plus de 54% sur un an, atteignant seulement 1 684,1 milliards FCFA au premier semestre.

