La 16e session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est annoncée pour le 9 août prochain à Bangui, en République centrafricaine. La semaine dernière, le président centrafricain, Faustin Archange Touadera, qui assure la présidence tournante de cette instance, a pris le soin de dépêcher des émissaires auprès de ses homologues du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Tchad avec des plis fermés, signe que les plus hauts dirigeants de la sous-région entretiennent une certaine discrétion sur les sujets à aborder à l’occasion de cette rencontre au sommet. Les enjeux du sommet de Bangui peuvent néanmoins être décryptés sur la foi des résolutions du dernier sommet extraordinaire de cette instance tenu le 16 décembre 2024 à Yaoundé, au Cameroun, sur le thème : « évaluation de la situation et perspectives économiques, monétaires et financières de la CEMAC : mesures de consolidation de la résilience ». À Yaoundé, Paul Biya et ses pairs avaient alerté sur une baisse considérable des réserves de change même si celles-ci restaient des limites recommandées, la fragilisation continue des finances publiques par une dette continuellement croissante, la timide reprise de la croissance dans l’ensemble des économies de zone, etc.
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Ils ont souligné l’urgence d’une action commune urgente, avec un accent sur la mise en œuvre des réformes convenues, déjà initiées depuis plusieurs années. A l’instar des politiques d’import-substitution engagées par les 6 États en vue de réduire les importations qui représentent encore environ 80% de la consommation de la CEMAC et qui exercent une pression énorme sur les réserves de change de la communauté. Au-delà de quelques mesures clés à prendre, notamment en matière de consolidation budgétaire, de prudence dans les politiques d’endettement et de gestion rigoureuse des risques bancaires et des revenus pétroliers/miniers, les chefs d’Etat et de gouvernement ont donné jusqu’au 30 avril 2025, délai de rigueur, aux sociétés pétrolières et minières pour signer avec la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) les conventions de compte séquestre en vue du rapatriement de leurs revenus en devises et des fonds de restauration des sites en fin d’exploitation (fonds Res).
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Mais, ces dernières ont une fois de plus ignoré cette injonction, en violation flagrante de la règlementation des changes de 2019 qui leur fait obligation de rapatrier systématiquement les recettes issues des exportations dans les délais prescrits - 150 jours à compter de la date effective d'exportation. Trois mois après l’expiration de cette injonction, les dirigeants politiques de la sous-région, oseront-ils faire montre de fermeté à l’égard de ces compagnies qui bafouent sans ménagement la réglementation communautaire ? La CEMAC qui y est allée jusque-là de main morte à ces négociations en faisant d’énormes concessions. En effet, à la différence des entreprises exportatrices des autres secteurs qui doivent faire rentrer 100% de leurs recettes en devises dans l’espace communautaire, celles du secteur pétrolier n’ont l’obligation de rapatrier que 35%. Une mesure incitative qui peine à trouver grâce aux yeux des interlocuteurs pétroliers, avec ce que cela occasionne comme manque à gagner – des pertes significatives d’environ 6000 milliards Fcfa en réserves de change qui exposent la zone CEMAC à la fragilité monétaire.
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La rencontre du 9 août devrait également se pencher sur la question de la fusion CEMAC-CEAC, après le renvoi in extremis du sommet conjoint initialement prévu le 18 juillet dernier à Yaoundé et annoncé comme déterminant pour l’érection d’un espace économique et monétaire unifié.

