Le Fonds monétaire international (FMI) alerte à nouveau sur la gouvernance du secteur minier en République centrafricaine. Dans un nouveau rapport consacré aux troisième et quatrième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), l’institution de Bretton Woods reconnaît le rôle moteur des ressources minières dans la croissance du pays, mais déplore de sérieuses failles dans la collecte et la gestion des revenus qui en découlent. Selon le FMI, les recettes issues de l’exploitation aurifère et diamantifère constituent une source majeure pour l’État, mais demeurent difficilement traçables.
Entre 2021 et 2025, la production d’or a été multipliée par 6, passant de 857 kilos à plus de 5 tonnes, pour des recettes estimées à plus de 150 milliards Fcfa. Sur ces revenus, à peine 4 milliards Fcfa, soit 2,7% seulement, ont été effectivement reversés au Trésor public sous forme de taxes et redevances. Un déséquilibre qui illustre, selon le FMI, les failles persistantes du système de supervision et de déclaration des revenus miniers.
Le rapport souligne que les faiblesses institutionnelles, le manque de transparence et l’insuffisance des contrôles continuent de priver le budget national de ressources substantielles. Dans certaines zones minières, les taxes collectées localement ne sont que partiellement reversées à l’administration centrale, tandis qu’une partie de la production échappe encore aux circuits officiels. Pour remédier à cette situation, le gouvernement a promulgué en août 2024 un nouveau Code minier, élaboré avec l’appui de la Banque mondiale. Ce texte vise à clarifier les procédures d’octroi des permis, à renforcer la traçabilité des revenus et à attirer davantage d’investisseurs.
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Le FMI salue cette réforme, mais appelle à une mise en œuvre rapide et effective, assortie de la publication régulière des données de production et des recettes fiscales issues de l’exploitation aurifère et diamantifère. L’institution recommande en outre la signature de contrats miniers transparents avec les compagnies étrangères, assortis de mécanismes de suivi indépendants. Elle estime que seule une gouvernance rigoureuse permettra au secteur minier de devenir un véritable moteur de développement, au lieu de rester un foyer d’opacité budgétaire. L’institution prévient que la réussite du programme économique qu’elle met en œuvre actuellement avec la République centrafricaine dépendra largement de la capacité du pays à mieux mobiliser et sécuriser les revenus issus de ses ressources naturelles, au service du financement du développement national.
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