La République centrafricaine traverse une crise dans son secteur aurifère, révèle le 8ᵉ Cahier économique publié fin septembre par la Banque mondiale. En 2024, la production d’or a chuté de 50,3% par rapport à l'année précédente, un déclin majeur pour le pays. Cette baisse résulte de plusieurs facteurs, notamment la suspension temporaire des activités de la fonderie Royal Trading (anciennement Sigma Gold) au premier trimestre 2024 pour des raisons administratives, l’augmentation des cas de fraude et de contrebande, ainsi qu’une insécurité croissante autour des sites miniers. Malgré ce recul, l’or reste la première matière d’exportation de la Centrafrique. Entre 2021 et 2024, les exportations d’or ont rapporté 180 millions de dollars, selon la même source, représentant la part la plus importante des revenus d’exportation du pays.
Cependant, une portion significative de l’extraction et des exportations échappe encore au contrôle de l’État (autour de 75%), en l’absence de la société Gemmes et mines de la Centrafrique (Geminca), dont la création est prévue dans le code minier adopté l’an dernier. Cette institution devrait à terme centraliser et réguler les opérations minières pour réduire la fraude et la contrebande. Si l’or connaît un tel recul, le diamant, autre pierre angulaire du secteur extractif, résiste mieux.
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La production de diamants en carats a légèrement progressé de 3,1 % en 2024 malgré des défis similaires et un embargo de 11 ans du Processus de Kimberley, levé seulement le 15 novembre 2024. Bien que les activités extractives restent relativement marginales dans les comptes nationaux, elles demeurent cruciales pour les recettes d’exportation et l’équilibre de la balance commerciale centrafricaine. La forte baisse de l’or pèse donc sur les revenus extérieurs et les perspectives économiques du pays à court terme.
La Banque mondiale souligne par ailleurs la nécessité d’améliorer la sécurité autour des sites miniers et de renforcer la régulation, via notamment la Geminca, afin de limiter la fraude et la contrebande, deux fléaux qui fragilisent la filière et freinent son potentiel de croissance. Avec une reprise conditionnée par la stabilité politique et sécuritaire, l’avenir du secteur extractif en RCA dépendra largement de la mise en place effective de ces mesures et de l’attraction de nouveaux investisseurs.
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