Cimaf Tchad, filiale du cimentier marocain Ciment d’Afrique, revendique un régime de production de 500 tonnes de ciment par jour au cours de l’année 2024, soit 182 500 tonnes produites à fin décembre 2024. Ce volume est en baisse de 50% par rapport à la performance réalisée en 2023, a indiqué l'entreprise dans un communiqué signé le 14 mars dernier. Une baisse que l’entreprise adosse à des difficultés logistiques dans l'acheminement des matières premières essentielles à la production du ciment, à savoir le clinker. « Les nouvelles conditions et formalités obligatoires pour le transit aussi bien par voie terrestre et que par voie ferroviaire freinent l’acheminement du clinker du port de Douala à l’usine de N’Djamena. A cela, s'ajoute une capacité réduite des moyens de locomotion (nombre de wagons limité avec une priorité aux produits alimentaires) », peut-on lire.
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La production de 2024 ne représente que 26% de la capacité annuelle de CIMAF Tchad (700 000 tonnes), et est restée très insuffisante pour couvrir la demande intérieure estimée à 400 000 tonnes par le gouvernement. Toute chose qui aurait favorisé la pénurie de ciment quand on sait que Cimaf Tchad est actuellement la principale cimenterie du pays. En effet, la Sonacim (Société nationale de ciment) est en voie de privatisation depuis qu'elle a vu sa production passer sous la barre des 10 000 tonnes/an en 2023, après 44 672 tonnes en 2022 et 170 000 tonnes en 2021. Par conséquent, depuis le 4ème trimestre 2024, le Tchad subit une pénurie de ciment qui s’est récemment accentuée, selon le ministre tchadien des mines, à la suite d’un incident survenu sur la voie ferrée camerounaise le 17 février dernier.
Spéculation des prix du ciment
Sur le marché local, le déficit de production s’est matérialisé non seulement par l’indisponibilité du produit, mais également par une hausse des prix du sac de ciment. Sur ce point, Cimaf Tchad tente de rassurer les populations. « Malgré des contraintes et difficultés logistiques en continu, CIMAF Tchad avait réduit les prix des sacs de ciment à l'usine de N'Djamena en date du 4 décembre 2024, et ces prix demeurent inchangés à ce jour », peut-on lire dans le communiqué. De fait, les prix homologués du ciment sont compris entre 5 500Fcfa et 8 500 Fcfa pour le sac de 50 KG en fonction de la catégorie du ciment : Liant hydraulique routier (5 591 Fcfa TTC) ; Ciment 35 (7 475,15 Fcfa TTC) ; Ciment 45 (7 868,81 Fcfa TTC) et Ciment 42.5 (8 336,23 Fcfa TTC).
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Cependant, sur le terrain la situation est toute autre. Avec la relance des chantiers gouvernementaux, à l’instar du Projet de bitumage de la route Ati-Oum Hadjer (171km) ou de la 2ème phase du Projet de Lutte Contre les Inondations à Moundou [construction des digues pour contenir les débordements fluviaux et les crues du Logone], certains revendeurs profitent des tensions sur l'offre pour spéculer sur les prix. Contacté par Ecomatin, Brahim Saleh, responsable d’une unité de stockage et fourniture de ciment, affirme que « depuis la sortie du ministre du Commerce sur la situation [le 4 mars dernier], la flambée des prix n’a pas fortement reculée. Un sac de 50Kg normalement vendu à 8 500 Fcfa se vend dorénavant à 12 000 Fcfa, soit une hausse de 50% ».
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Soulignons que dans son communiqué, Cimaf Tchad s’est également engagé à doubler sa production, à un volume minimum de 1 000 tonnes par jour, afin d’amortir le déficit, garantir un approvisionnement régulier en ciment et contribuer à un retour à la normale des prix du ciment sur le marché tchadien. L’objectif étant de rattraper la baisse de production enregistrée en 2024 et produire 365 000 tonnes de ciment à fin 2025.

