Par des arrêtés signés le 29 septembre dernier, le ministre congolais du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la Promotion du secteur privé, Michel Djombo, a accordé le bénéfice du régime des zones économiques spéciales (ZES) à quatre entreprises. Il s’agit de Batelec Consulting, Complexe industriel africain du Congo (Clac), Industrie du Congo (Induco) et Think Solutions. Ces agréments, valables entre 10 et 15 ans et renouvelables, leur ouvrent l’accès aux avantages fiscaux, douaniers et administratifs prévus par le régime des ZES, notamment des exonérations fiscales et douanières, en contrepartie d’investissements productifs et d’engagements en matière de création de valeur et d’emplois, conformément à la loi de juillet 2025 portant création des zones économiques spéciales.
Les quatre entreprises bénéficient au total de 14 hectares de terrains mis à leur disposition dans les zones économiques spéciales de Pointe-Noire et d’Ignié. Les projets autorisés couvrent plusieurs segments de la production industrielle, allant du traitement des déchets à la fabrication de matériaux de construction et d’équipements électriques. Parmi les bénéficiaires figure Induco, filiale de la holding familiale d’origine libanaise El-Sahely. La société, dirigée par Fouad El-Sahely, obtient la mise à disposition de quatre hectares dans la zone économique spéciale d’Ignié pour fabriquer des matériaux de construction et des produits plastiques.
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Avec cet agrément valable 15 ans, l’entreprise, qui produit depuis 2021 des articles ménagers et vestimentaires, veut renforcer ses capacités industrielles et diversifier ses activités. Son directeur général avait indiqué, en juin 2026, que l’usine fonctionnait à près de 50 % de ses capacités. Implantée à Massissia, dans l’arrondissement de Madibou à Brazzaville, Induco dispose d’un capital social de 200 millions de FCFA et emploie environ 700 personnes. L’entreprise développe également un projet de recyclage à Djiri, présenté en juin par son dirigeant comme susceptible de générer entre 2 500 et 3 000 emplois indirects. Les arrêtés ne précisent pas si ce projet est lié aux nouvelles activités autorisées dans la ZES d’Ignié.
Vient ensuite la société de droit congolais Clac, dotée d’un capital social d’un million de FCFA. Elle bénéficie de quatre hectares dans la zone d’Ignié pour la fabrication de peintures, vernis, mastics, colorants, encres d’imprimerie et détergents. Son agrément est accordé pour une durée de 15 ans, renouvelable. À Pointe-Noire, Batelec Consulting, de l’homme d’affaires congolais Charles Poaty, se voit également mettre à disposition quatre hectares dans l’emprise B de la zone économique spéciale, pour une durée de 15 ans. Spécialisée dans la gestion des déchets industriels, l’entreprise entend se diversifier dans la fabrication de tuiles, d’emballages plastiques, de contenants en verre, de sable et de palettes de manutention. Dotée d’un capital d’un million de FCFA, Batelec Consulting indique exploiter depuis 2018 deux sites de traitement équipés d’incinérateurs à Brazzaville.
Avec un capital social également fixé à un million de FCFA, Think Solutions bénéficie, pour les dix prochaines années, d’un terrain de deux hectares dans la zone d’Ignié. Son agrément couvre le montage, la distribution, la maintenance, le reconditionnement et le recyclage de transformateurs électriques, ainsi que la fourniture de câbles, de poteaux et d’accessoires électriques. À l’exception d’Induco, les trois autres bénéficiaires affichent ainsi chacune un capital social d’un million de FCFA. Un montant qui ne préjuge pas de leur capacité d’investissement, mais dont la modestie pose la question des financements qu’elles entendent mobiliser pour réaliser leurs projets industriels. Les arrêtés ne donnent aucune indication sur leurs partenaires financiers ou sur les ressources prévues pour l’acquisition des équipements et la construction des installations.
Nommé en avril 2026 et issu du secteur privé, Michel Djombo poursuit la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale visant à attirer davantage d’investissements productifs, dans un contexte de recul des investissements directs étrangers (IDE). Selon ONU Commerce et Développement (CNUCED), le Congo a enregistré 596 millions de dollars d’IDE en 2025, contre 604 millions un an plus tôt, soit une baisse d’environ 1,3 %. Deuxième destination des IDE en CEMAC, le pays figure néanmoins parmi les économies d’Afrique centrale ayant le mieux résisté au ralentissement des investissements, grâce notamment au maintien des flux dans les hydrocarbures.
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