La République du Congo poursuit le développement de ses zones économiques spéciales (ZES). Par deux arrêtés signés le 1er juillet dernier, le ministre du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la Promotion du secteur privé, Michel Djombo, a accordé le bénéfice du régime des ZES à Prestige Hygien Products SARL et à la Société d'exploitation et de développement des infrastructures du Congo (SEDIC). Nommé en avril 2026 et issu du secteur privé, le ministre poursuit ainsi la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale visant à attirer davantage d'investissements productifs. Ces agréments, valables 15 ans et renouvelables, ouvrent notamment droit aux avantages fiscaux, douaniers et administratifs prévus par le régime des ZES, en contrepartie d'investissements productifs et d'engagements en matière de création de valeur et d'emplois.
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En vertu de la loi de juillet 2025 portant création des zones économiques spéciales, les entreprises agréées bénéficient notamment d'un régime fiscal et douanier dérogatoire. Elles peuvent notamment être exonérées d'impôt sur les sociétés pendant dix ans, de TVA et de droits de douane sur les équipements, les matières premières et les biens destinés à leur installation ou à leur production. Le dispositif garantit également un guichet unique pour les formalités administratives et la libre transférabilité des revenus et des capitaux, dans le respect de la réglementation des changes de la Cémac.
À Pointe-Noire, Prestige Hygien Products, créée en 2025, obtient un terrain de 2 000 m² dans la ZES de Loango pour y implanter une usine de fabrication de serviettes hygiéniques, de couches pour bébés et de mouchoirs en papier. Dotée d'un capital social d'un million de FCFA, cette société de droit congolais est codirigée par Aly Khan Merali et Venkata Ramana Nalluri. Cet investissement répond à un marché encore largement alimenté par les importations. Selon le Bulletin statistique annuel des douanes chinoises, le Congo a importé 280 tonnes de produits d'hygiène et de soins personnels en provenance de Pékin en 2024, pour une valeur de 5,3 millions de dollars.
Le second agrément concerne la SEDIC, société publique créée en 2023 pour assurer la gestion et la valorisation des infrastructures immobilières de l'État. Basée à Brazzaville et dotée d'un capital de 100 millions de FCFA, elle s'est vu attribuer 100 hectares au sein de la ZES d'Ignié, située à 45 kilomètres au nord de la capitale, afin de développer, promouvoir et exploiter un parc immobilier destiné à accueillir les futurs investisseurs. Cette décision s'inscrit dans l'élargissement des missions de la SEDIC, déjà chargée de la gestion d'infrastructures stratégiques telles que le Brazza Mall, les Tours jumelles de Mpila ou encore le Grand Hôtel de Kintélé. Le 12 mars dernier, le gouvernement lui a également confié la responsabilité de définir les activités autorisées, d'élaborer les cahiers des charges et de superviser l'installation des entreprises dans la future Zone de valorisation des infrastructures immobilières marchandes du Congo.
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Avec ces deux nouveaux agréments, le Congo poursuit sa stratégie de séduction des investisseurs, dans un contexte où l'attractivité du pays tend à reculer. Selon ONU Commerce et Développement (CNUCED), le Congo est le seul pays de la Cemac à avoir enregistré un repli des investissements directs étrangers en 2024, captant tout juste 604 millions de dollars, contre 626 millions de dollars un an plus tôt, soit une baisse de 3,5 %.



