Par arrêté du 18 avril 2026 publié dans le Journal officiel de la République du Congo en juin, le gouvernement a attribué à la société Dangote Cement S.A, filiale du groupe Dangote, une autorisation de prospection pour le gypse, un minerai utilisé par les cimentiers, en complément du clinker, pour fabriquer le ciment. Selon le texte signé par le ministre d’État en charge des industries minières et de la géologie, Pierre Oba, ce titre minier de 20 km2 cible la zone de « MPITA » dans le district de Mfouati. Ce périmètre se situe dans la Bouenza, un département du sud du pays qui concentre déjà des acteurs industriels historiques tels que la Société sucrière du Niari (SARIS Congo) dans l'agro-industrie et la SONOCC dans la production de ciment.
Délivrée pour douze mois à la suite d'une demande introduite en janvier 2026 par Franck Brouwers, directeur général de la société, cette autorisation marque la première incursion de la filiale dans l'exploration locale de gypse, élargissant de fait son portefeuille d'activités. Jusqu'ici, l'usine de Mfila produisait son propre clinker localement mais importait ce minerai indispensable pour la production du ciment. Si ces recherches aboutissent, le futur gisement devrait alimenter une usine dotée d'une capacité de 1,5 million de tonnes par an, représentant près de 2,7 % de la capacité globale du groupe (environ 55 millions de tonnes). En 2025, cette unité congolaise a généré un chiffre d'affaires de 141 milliards de nairas (soit environ 56 milliards de FCFA), selon le rapport annuel de Dangote Cement PLC.
Lire aussi : Dangote Cement Cameroon importe le clinker du Congo et du Nigeria pour assurer sa production au 1er trimestre 2024
Il faut noter que la substitution des importations de gypse par une extraction domestique devrait engendrer des conséquences directes sur la structure des coûts du cimentier. En s'affranchissant des fluctuations monétaires et du fret maritime liés à l'importation de cet intrant, Dangote Cement pourrait optimiser ses charges d'exploitation et consolide sa base taxable, soumise à un impôt sur les sociétés de 28 % au Congo. Pour l'État, outre la limitation des sorties de devises, le cahier des charges adossé à l'arrêté impose l'intégration des cadres de la direction générale de la géologie aux travaux de prospection, assurant un contrôle administratif direct sur le terrain.
Cette acquisition s'inscrit dans un contexte où le magnat nigérian Dangote renforce sa présence en République du Congo. En juin dernier, sa filiale spécialisée dans la production d'engrais a décroché un permis d'exploitation de potasse dans le département du Kouilou, au sud-ouest des côtes de Pointe-Noire. Par ailleurs, les autorités congolaises ont entamé des pourparlers avec l'homme le plus riche d'Afrique pour sécuriser l'approvisionnement national en carburant, en réponse aux tensions géopolitiques mondiales.
Lire aussi : Ciment : Dangote Congo porte ses ventes à 878 000 tonnes (+8,7%) en 2024








